ARE et ARCE : fonctionnement, montants et comment choisir entre les deux
Ce que vous devez savoir avant de commencer
Créer ou reprendre une entreprise tout en percevant le chômage est non seulement possible en France, mais activement encouragé par deux dispositifs complémentaires. Deux dispositifs existent pour les demandeurs d’emploi qui créent ou reprennent une entreprise : l’ARE (maintien mensuel des allocations) et l’ARCE (versement en capital). Ces deux options sont exclusives l’une de l’autre et le choix est irrévocable.
Ces deux dispositifs ont connu des modifications importantes en 2025 et 2026 qui changent les règles du jeu pour les créateurs. Depuis avril 2025, le cumul ARE est plafonné à 60 % des droits restants au moment de la création. Depuis janvier 2026, l’ACRE n’est plus accordée automatiquement : une demande est désormais obligatoire pour tous les créateurs. Ce guide couvre le fonctionnement précis de l’ARE et de l’ARCE, leurs conditions d’obtention, le calcul des montants, les réformes en vigueur en 2026, et la méthode pour choisir le dispositif le plus adapté à votre situation.
1. L’ARE en cours de création d’entreprise : principe et fonctionnement
Le maintien mensuel des allocations : comment ça marche concrètement
L’ARE (Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi) peut être maintenue partiellement pendant la création ou la reprise d’une entreprise. Tous les mois, à condition d’être inscrit à France Travail, vous pouvez toucher tout ou partie de vos allocations chômage en fonction des revenus générés par votre activité. Ce maintien partiel permet à l’entrepreneur de disposer d’un revenu combiné pendant la phase de démarrage, sans avoir à arbitrer immédiatement entre son projet et sa sécurité financière.
Quand votre entreprise est créée, vous devez chaque mois déclarer votre activité à France Travail à l’occasion de votre actualisation mensuelle. Cette démarche d’actualisation est obligatoire : les informations que vous transmettez permettent à France Travail de calculer le montant d’allocation à vous verser pour le mois. L’oubli d’une actualisation mensuelle entraîne la suspension du versement. Il faut s’y astreindre même les mois où l’activité génère peu ou pas de revenus.
La formule de calcul : ce que vous touchez réellement
L’ARE versée en cas de reprise ou création d’entreprise est calculée en fonction de l’ARE mensuelle que vous auriez perçu sans activité, à laquelle on enlève 70 % de la rémunération mensuelle brute procurée par l’activité reprise. Le cumul du revenu issu de votre nouvelle activité avec votre allocation ne pourra pas être supérieur à votre salaire antérieur brut.
La formule officielle de l’Unédic, telle que publiée dans la fiche thématique d’avril 2025, est la suivante :
J = [ARE mensuelle – (rémunération brute mensuelle × 0,70)] ÷ allocation journalière
J correspond au nombre de jours indemnisables dans le mois. Ce nombre, arrondi à l’entier le plus proche, est multiplié par l’allocation journalière pour obtenir le montant mensuel versé.
Voici un exemple concret : un allocataire perçoit une ARE journalière de 57 euros, soit une ARE mensuelle de 1 710 euros. Il crée une entreprise qui lui procure un salaire brut mensuel de 2 100 euros. France Travail calcule le nombre de jours indemnisables : J = [1 710 – (2 100 × 0,70)] ÷ 57 = [1 710 – 1 470] ÷ 57 = 4,21 arrondi à 4 jours. L’allocation versée est donc de 4 × 57 = 228 euros ce mois-là. Le salarié n’ayant consommé que 4 jours de droits sur 30, il prolonge sa durée d’indemnisation de 26 jours.
Ce mécanisme de prolongation est l’un des avantages structurels du maintien de l’ARE : les jours non consommés dans le mois s’ajoutent à la fin de la période d’indemnisation. Un entrepreneur qui génère peu de revenus les premiers mois consomme peu de droits, et ses droits durent donc plus longtemps que prévu initialement.
Le cas spécifique des micro-entrepreneurs
Pour les micro-entrepreneurs, le calcul intègre un abattement forfaitaire pour frais professionnels sur le chiffre d’affaires déclaré avant d’appliquer la règle des 70 %. Les règles de calcul ont été aménagées pour les allocataires qui créent une micro-entreprise. Le nombre de jours indemnisables est calculé de la façon suivante : J = [ARE mensuelle – (CA – abattement pour frais professionnels) × 0,70] ÷ allocation journalière. L’abattement forfaitaire varie selon la nature de l’activité (71 % pour les activités commerciales, 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 34 % pour les activités libérales).
Lorsque le revenu professionnel ne peut pas être déterminé immédiatement, l’allocation versée correspond à 70 % de l’ARE mensuelle normalement due en l’absence de reprise d’activité. La situation est régularisée annuellement sur la base des justificatifs de revenus. À défaut de justificatifs, aucun paiement ne peut être effectué.
Le plafond de 60 % des droits restants introduit en avril 2025
Depuis avril 2025, le cumul ARE est plafonné à 60 % des droits restants au moment de la création. Concrètement, si vous disposez de 24 000 euros de droits à l’ARE au moment où vous créez votre entreprise, le maintien cumulé de l’ARE au titre de votre activité entrepreneuriale ne pourra pas dépasser 14 400 euros (60 % de 24 000 euros), quelle que soit la durée de votre activité. Une fois ce plafond atteint, plus aucune allocation n’est versée au titre du cumul, même si votre période d’indemnisation initiale n’est pas expirée.
Cette réforme change profondément l’arbitrage ARE versus ARCE. Avant avril 2025, un entrepreneur pouvait théoriquement bénéficier du maintien de l’ARE sur l’intégralité de ses droits. Désormais, les deux dispositifs sont soumis au même plafond de 60 % des droits restants, ce qui rapproche leurs enveloppes financières totales et rend la comparaison plus directe qu’elle ne l’était.
2. L’ARCE : recevoir ses droits en capital plutôt qu’en mensualités
Le principe : un capital versé en deux fois
L’ARCE est une aide financière versée par France Travail aux créateurs ou repreneurs d’entreprise. Elle consiste à recevoir une partie de ses allocations chômage sous la forme d’un capital et sous conditions. Plutôt que de percevoir chaque mois une fraction de ses droits en fonction des revenus générés, le bénéficiaire de l’ARCE reçoit une somme globale versée en deux fois, qui vient financer le lancement de son projet.
L’ARCE est perçue en deux versements à six mois d’intervalle : le premier versement correspond à la moitié de l’aide et intervient lorsque les conditions pour obtenir l’ARCE sont remplies. Le second versement a lieu si le repreneur ou le créateur exerce toujours son activité professionnelle six mois après le premier versement.
Le montant de l’ARCE s’élève à 60 % des droits à l’ARE qui restent à verser au moment de la création ou de la reprise. Ce taux est en vigueur depuis le 1er juillet 2023, date à laquelle il a été relevé de 45 % à 60 %. Les deux versements sont égaux : chacun représente 30 % du capital total de droits restants.
Les trois conditions cumulatives pour obtenir l’ARCE
Pour bénéficier de l’ARCE, le créateur ou repreneur doit remplir trois conditions : avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin de son contrat de travail et au plus tôt à compter de son inscription comme demandeur d’emploi, bénéficier de l’ARE au moment de la création ou reprise, et bénéficier de l’ACRE, qui est une exonération partielle de cotisations sociales pendant un an.
La troisième condition mérite une attention particulière en 2026, car l’ACRE a fait l’objet d’une réforme majeure. Depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE est réservée aux créateurs et repreneurs d’entreprise qui appartiennent à des catégories spécifiques : demandeurs d’emploi indemnisés ou non, bénéficiaires du RSA ou de l’ASS, jeunes de moins de 26 ans, résidents en QPV ou en zone France Ruralité Revitalisation, entre autres. Un demandeur d’emploi indemnisé par l’ARE fait partie des bénéficiaires éligibles à l’ACRE, mais la demande doit être déposée auprès de l’URSSAF dans un délai de 45 à 60 jours suivant le début d’activité et n’est plus automatique depuis le 1er janvier 2026. Ne pas faire la demande dans ce délai, c’est perdre l’accès à l’ACRE, et donc l’accès à l’ARCE.
La nouvelle condition pour le second versement depuis avril 2025
Jusqu’à présent, pour bénéficier du second versement de l’ARCE, l’unique condition à respecter était d’attester que l’on exerce toujours son activité professionnelle. Désormais, depuis le 1er avril 2025, le second versement est aussi soumis à la condition de ne pas exercer un emploi en CDI à temps plein. Un entrepreneur qui a reçu le premier versement et qui retrouve un CDI à temps plein entre les deux versements ne recevra pas le second, même s’il maintient son activité entrepreneuriale en parallèle.
Ce qui se passe si l’entreprise échoue après l’ARCE
Si l’activité pour laquelle l’ARCE a été accordée cesse et que vous vous réinscrivez comme demandeur d’emploi dans un délai de trois ans, vous pouvez récupérer les droits restants sous forme d’ARE. Toutefois, depuis le 1er avril 2025, la reprise de l’ARE après l’ARCE est possible à la seule condition que votre entreprise ait été fermée avant la demande d’ARE. Cette disposition constitue un filet de sécurité important pour les créateurs qui ont opté pour l’ARCE : en cas d’échec, les droits non consommés restent disponibles, mais uniquement après cessation effective de l’activité.
3. L’ACRE : la condition commune aux deux dispositifs
Ce qui change depuis le 1er janvier 2026
L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise) est le troisième dispositif du triptyque, indispensable pour accéder à l’ARCE. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 parue au Journal Officiel du 31 décembre 2025) modifie en profondeur l’ACRE. À compter du 1er janvier 2026, cette réforme introduit de nouvelles conditions d’éligibilité, impose le dépôt obligatoire d’une demande auprès de l’URSSAF pour tous les créateurs et repreneurs, et plafonne l’exonération de cotisations sociales à 25 %, réduisant ainsi significativement l’avantage financier de cette aide.
Le taux d’exonération applicable aux créations avant le 1er juillet 2026 est de 50 % des cotisations sociales normales. À compter du 1er juillet 2026, le taux minoré sera porté à 75 % des taux habituels, soit une exonération réduite à 25 % seulement. Cette évolution du taux signifie qu’un créateur qui lance son activité avant le 1er juillet 2026 bénéficie d’une exonération deux fois supérieure à celui qui la lance après cette date. Le calendrier de création devient donc un paramètre financier concret.
La demande d’ACRE doit être effectuée au plus tard dans les 60 jours suivant le début d’activité, via le guichet unique des formalités d’entreprise. Passé ce délai, le dispositif ne peut plus être demandé. Il est conseillé de faire la demande simultanément à l’immatriculation, pour éviter tout oubli dans la période de lancement.
4. ARE ou ARCE : la méthode pour choisir
Le tableau comparatif des deux dispositifs
| Critère | Maintien de l’ARE | ARCE (capital) |
|---|---|---|
| Forme de l’aide | Mensualités partielles progressives | Capital versé en deux fois |
| Montant total maximum | 60 % des droits restants | 60 % des droits restants |
| Sécurité mensuelle | Oui, revenu garanti chaque mois | Non, aucune allocation mensuelle |
| Capital de départ disponible | Non | Oui, dès le premier versement |
| Validation de trimestres de retraite | Oui, pendant la durée d’indemnisation | Non |
| Cumul avec revenus d’activité | Oui, avec réduction proportionnelle | Non applicable |
| Complexité administrative | Actualisation mensuelle obligatoire | Ponctuelle (deux demandes) |
| Filet en cas d’échec | Droits non consommés prolongés | Droits restants récupérables si cessation |
| Profil adapté | Prestataires de services, faible investissement initial | Projets nécessitant un investissement de démarrage |
Sources : France Travail, service-public.gouv.fr, Unédic, données 2025-2026.
La simulation chiffrée pour comprendre l’enjeu
Prenons un exemple concret : un demandeur d’emploi dispose de 40 000 euros de droits ARE restants à la date de création de son entreprise. Son ARE journalière est de 80 euros, soit environ 2 400 euros par mois.
Dans le scénario ARE maintenu, le plafond de cumul est de 60 % de 40 000 euros, soit 24 000 euros. Si ses revenus d’activité s’élèvent à 1 500 euros bruts par mois, la formule donne : J = [2 400 – (1 500 × 0,70)] ÷ 80 = [2 400 – 1 050] ÷ 80 = 16,9 arrondi à 17 jours. L’allocation mensuelle est de 17 × 80 = 1 360 euros. Son revenu total mensuel est de 1 500 + 1 360 = 2 860 euros. Il prolonge ses droits de 13 jours par mois (30 – 17), ce qui étale l’enveloppe dans le temps.
Dans le scénario ARCE, il reçoit 60 % de 40 000 euros = 24 000 euros, soit un premier versement de 12 000 euros à la création et un second de 12 000 euros six mois plus tard. Après ces deux versements, il ne reçoit plus rien de France Travail. Son revenu repose entièrement sur ce que génère son activité.
La différence n’est pas que le montant total, identique dans les deux scénarios depuis avril 2025. La différence est la temporalité : l’ARCE concentre les flux au démarrage, l’ARE les étale dans le temps. Pour un projet nécessitant un investissement initial (achat de matériel, stock, local), l’ARCE apporte une trésorerie que l’ARE mensuelle ne peut pas procurer. Pour un projet de service avec peu de frais de démarrage, l’ARE offre une couverture mensuelle précieuse pendant la montée en charge.
Les quatre questions pour orienter le choix
La première question est celle du besoin en trésorerie de démarrage. Si votre projet nécessite un investissement initial significatif (achat d’équipement, constitution d’un stock, droit au bail, frais de lancement), l’ARCE apporte un capital immédiatement mobilisable que le maintien mensuel de l’ARE ne peut pas offrir au même rythme. Si votre activité est une prestation de services avec des frais de démarrage limités, le maintien de l’ARE est souvent plus protecteur.
La deuxième question est celle de la visibilité sur les premiers revenus. L’ARCE convient aux entrepreneurs qui ont des contrats ou revenus prévisibles dès les premiers mois. Mieux vaut préférer l’ARE si vous démarrez en freelance ou en micro-entreprise sans clients réguliers confirmés, afin de continuer à toucher des allocations même si votre activité génère peu ou pas de chiffre d’affaires au début.
La troisième question est celle de la retraite. Choisir le maintien de l’ARE permet à l’entrepreneur d’être affilié au régime général de Sécurité sociale et de bénéficier d’une protection sociale incluant la validation de trimestres de retraite. À l’inverse, opter pour l’ARCE ne permet pas de valider des trimestres de retraite de base en l’absence de revenu indépendant. Pour un entrepreneur proche de la retraite, cet arbitrage peut représenter un enjeu financier significatif à long terme.
La quatrième question est celle de la tolérance au risque. L’ARCE suppose d’assumer l’incertitude des premiers mois sans revenu garanti de France Travail. Un entrepreneur dont la situation personnelle (charges familiales, emprunt immobilier) requiert un revenu mensuel stable pendant la phase de lancement a tout intérêt à privilégier le maintien de l’ARE, même si les montants cumulés sont théoriquement identiques.
5. La démarche pratique : étapes et délais à respecter
Pour le maintien de l’ARE
- S’inscrire à France Travail dès la fin du contrat de travail, avant la création de l’entreprise.
- Vérifier l’ouverture de droits ARE en s’assurant que les conditions d’affiliation (durée minimale d’activité salariée) sont remplies.
- Créer ou reprendre l’entreprise après l’inscription comme demandeur d’emploi.
- Demander l’ACRE auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité, via le guichet unique des formalités d’entreprise.
- Déclarer l’activité à France Travail lors de la première actualisation mensuelle suivant la création.
- Actualiser sa situation chaque mois, en déclarant le chiffre d’affaires ou la rémunération perçue pour que France Travail calcule le montant d’allocation dû.
- Conserver les justificatifs de revenus pour la régularisation annuelle, notamment pour les micro-entrepreneurs qui déclarent leur CA trimestriellement à l’URSSAF.
Pour l’ARCE
- S’inscrire à France Travail et ouvrir des droits ARE.
- Créer ou reprendre l’entreprise après l’inscription comme demandeur d’emploi.
- Demander l’ACRE auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité. Sans ACRE, pas d’ARCE possible.
- Déposer la demande d’ARCE auprès de France Travail, en fournissant le justificatif de création ou de reprise d’entreprise et l’attestation d’obtention de l’ACRE.
- Recevoir le premier versement après traitement du dossier, qui peut prendre quelques semaines selon le volume traité par l’agence.
- Recevoir le second versement six mois après le premier, en justifiant que l’activité est toujours exercée et en attestant de l’absence de CDI à temps plein.
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Prendre rendez-vousLes erreurs à ne pas commettre
Ne pas demander l’ACRE dans les délais. Depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE n’est plus automatique et doit être demandée explicitement auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité. Un créateur qui oublie cette démarche perd l’accès à l’ACRE et, par conséquent, l’accès à l’ARCE. Cette erreur est irréparable une fois le délai dépassé.
Choisir l’ARCE sans avoir calculé son besoin en trésorerie. Recevoir 24 000 euros en capital semble attractif, mais si ce capital n’est pas nécessaire pour le démarrage de l’activité et que l’entrepreneur n’a pas de revenus prévisibles immédiats, il se retrouve sans revenu mensuel de sécurité dès les premiers mois. La comparaison ARE versus ARCE doit s’appuyer sur un prévisionnel de trésorerie des douze premiers mois, pas sur une intuition.
Oublier l’actualisation mensuelle lors du maintien de l’ARE. Une actualisation manquée entraîne la suspension du versement. France Travail ne régularise pas automatiquement les mois oubliés. L’entrepreneur qui ne s’actualise pas un mois perd l’allocation correspondante sans possibilité de la récupérer.
Confondre l’ARCE avec une subvention définitive. L’ARE et l’ARCE sont toutes deux imposables à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires. L’ARCE perçue en année N doit être déclarée aux impôts en N+1. Un créateur qui perçoit 20 000 euros d’ARCE et ne met pas de côté la part d’impôt correspondante peut se retrouver face à un redressement inattendu lors de sa première déclaration de revenus.
Ne pas vérifier l’impact du statut juridique choisi sur le calcul de l’ARE. Le statut juridique de l’entreprise créée détermine la nature des revenus qui seront pris en compte dans le calcul de la réduction d’ARE. France Travail peut désormais analyser les dividendes dans le calcul de l’ARE. Bien que techniquement difficile à mettre en oeuvre la première année (nécessité d’un bilan), cette évolution renforce les contrôles. Un dirigeant de SASU qui se rémunère en dividendes plutôt qu’en salaire pour optimiser sa fiscalité doit anticiper que ces dividendes pourront être pris en compte dans le calcul de sa réduction d’ARE lors de la régularisation annuelle.
FAQ
Peut-on passer de l’ARE à l’ARCE après avoir commencé à cumuler l’ARE ? Non. Le choix entre le maintien de l’ARE et l’ARCE est irrévocable dès lors qu’il a été formulé auprès de France Travail. Une fois que vous avez commencé à cumuler l’ARE avec vos revenus d’activité, vous ne pouvez pas basculer vers l’ARCE. C’est précisément pour cette raison que la décision doit être prise avant de commencer l’activité et mûrement réfléchie sur la base de votre situation personnelle et de vos prévisions d’activité.
L’ARCE est-elle accessible si on crée une micro-entreprise ? Oui. La nature juridique de l’entreprise créée (micro-entreprise, SASU, EURL, etc.) n’est pas un critère d’exclusion pour l’ARCE. La condition est d’avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin du contrat de travail, de bénéficier de l’ARE, et d’avoir obtenu l’ACRE. Une micro-entreprise satisfait à ces conditions dès lors que la demande d’ACRE a été faite dans les délais.
Que se passe-t-il si l’entreprise est créée avant l’inscription à France Travail ? Si votre micro-entreprise ou activité indépendante existait avant votre inscription à France Travail, vous pouvez bénéficier du cumul intégral ARE et revenus, sans limitation des 60 %. Cette exception valorise l’antériorité de l’activité. En revanche, dans ce cas, l’accès à l’ARCE est exclu, car la condition de création ou reprise après la fin du contrat de travail n’est pas remplie.
L’ARCE est-elle cumulable avec l’ACRE ? Oui. L’ACRE réduit les cotisations sociales et l’ARCE verse le chômage en capital. Les deux sont cumulables. L’ACRE est d’ailleurs une condition obligatoire pour obtenir l’ARCE, et non une aide concurrente. Un créateur peut donc bénéficier simultanément de l’ARCE (capital chômage), de l’ACRE (réduction de cotisations sociales) et, dans certains cas, d’un prêt d’honneur via les réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise.
Peut-on bénéficier de l’ARE si on était déjà auto-entrepreneur avant la perte d’emploi ? Oui, sous conditions. Si vous étiez simultanément salarié et auto-entrepreneur et que vous perdez votre emploi salarié, vos droits ARE s’ouvrent au titre de l’activité salariée perdue. Si vous étiez simultanément salarié et auto-entrepreneur et que vous perdez votre emploi salarié, vous conservez 100 % de l’ARE tant que les revenus de l’auto-entreprise ne dépassent pas 70 % de votre ancien salaire.
Conclusion : ARE ou ARCE, un choix qui engage les deux premières années de votre projet
Le choix entre ARE et ARCE n’est pas un arbitrage technique entre deux lignes d’un formulaire. C’est une décision financière qui détermine votre structure de revenus, votre niveau de protection sociale et votre capacité d’investissement pendant les deux premières années de votre activité entrepreneuriale. Depuis les réformes d’avril 2025 et de janvier 2026, les deux dispositifs sont encadrés par le même plafond de 60 % des droits restants, ce qui rend la comparaison plus directe mais aussi plus exigeante : le bon choix dépend désormais presque exclusivement de votre profil de projet, de votre besoin en trésorerie et de votre tolérance à l’incertitude.
Ce que vous devez retenir
L’ARCE correspond à 60 % des droits ARE restants au moment de la création ou de la reprise, versés en deux fois à six mois d’intervalle. Depuis avril 2025, le cumul mensuel de l’ARE est soumis au même plafond de 60 % des droits restants, ce qui aligne les enveloppes financières totales des deux dispositifs. Depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE n’est plus automatique : elle doit être demandée explicitement auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité, et elle est réservée aux profils en situation de fragilité dont font partie les demandeurs d’emploi indemnisés. Sans ACRE, pas d’ARCE possible : la demande d’ACRE est la première démarche à accomplir après l’immatriculation. Le taux d’exonération de l’ACRE est de 50 % pour les créations avant le 1er juillet 2026 et de 25 % pour celles à partir de cette date, ce qui rend le calendrier de création pertinent financièrement. Le maintien de l’ARE permet de valider des trimestres de retraite pendant la période d’indemnisation, alors que l’ARCE ne génère aucune validation de trimestres en l’absence de revenu indépendant. Les deux dispositifs sont imposables à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires.
Votre situation est-elle déjà optimisée ?
Avez-vous vérifié, avant de choisir entre ARE et ARCE, que votre projet entrepreneurial génère des revenus prévisibles suffisants dans les six premiers mois pour ne pas vous retrouver sans aucun revenu de sécurité si vous optez pour le capital, ou que votre besoin en investissement de démarrage est couvert par d’autres sources si vous optez pour le maintien mensuel ?
Avez-vous fait votre demande d’ACRE auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début de votre activité, en sachant que depuis le 1er janvier 2026 cette démarche n’est plus automatique et que son omission rend l’accès à l’ARCE définitivement impossible ?
Avez-vous anticipé la fiscalité de l’ARCE ou des allocations ARE perçues en les intégrant dans votre prévisionnel de revenus pour l’année N, de façon à mettre de côté la provision d’impôt correspondante avant votre première déclaration de revenus en tant qu’entrepreneur ?
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