Photographie d'une femme entrepreneure travaillant dans un espace de coworking à Paris. Assise à son bureau, elle examine des documents et un contrat de leasing. Derrière elle, à travers la baie vitrée, un SUV électrique noir est stationné dans une rue urbaine contemporaine.
Créer une société de VTC
20/05/2026

Lancer son activité VTC : statut juridique, licences et budget de démarrage

Ce que vous devez savoir avant de commencer

En 2024, la France comptait environ 71 300 chauffeurs VTC actifs sur les plateformes, soit 27 % de plus qu’en 2023 et 51 % de plus qu’en 2022, selon les données du ministère chargé des Transports publiées dans le cadre de l’Observatoire national des transports publics particuliers de personnes. Ce dynamisme cache une réalité que beaucoup de porteurs de projet découvrent trop tard : créer une société de VTC est un parcours administratif long et séquencé, dans lequel chaque étape conditionne la suivante. On ne peut pas s’inscrire au registre des VTC sans avoir créé sa structure juridique, ni obtenir sa carte professionnelle sans avoir réussi l’examen. Un seul maillon manquant et l’activité ne peut pas démarrer.

Ce guide couvre l’intégralité du processus de création d’une société de VTC en 2026 : les conditions personnelles préalables, le choix du statut juridique avec ses implications financières et fiscales, les licences et obligations réglementaires, le budget complet de démarrage, et les étapes à respecter dans l’ordre.


1. Les conditions personnelles préalables : ce que vous devez remplir avant toute démarche

Les conditions d’accès à la profession

La profession de VTC est réglementée. Avant de choisir un statut juridique ou d’investir dans un véhicule, vous devez vérifier que vous remplissez les conditions personnelles d’accès définies par le Code des transports, issu principalement de la loi Thévenoud du 1er octobre 2014 et de la loi Grandguillaume de 2018.

La première condition est de posséder le permis B depuis plus de 3 ans, ou depuis 2 ans en cas de conduite accompagnée. La deuxième est de ne pas avoir fait l’objet des condamnations listées à l’article R. 3120-8 du Code des transports. La troisième est de réussir une visite médicale auprès d’un médecin agréé, qui délivre un avis favorable via le formulaire cerfa 14880.

Ces trois conditions sont non négociables et doivent être satisfaites avant d’engager toute démarche de création d’entreprise. Une condamnation pénale incompatible avec l’exercice de la profession rend toute la procédure sans objet.

L’examen VTC : la porte d’entrée obligatoire

L’examen VTC est organisé par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA). Il comprend 7 épreuves théoriques couvrant la réglementation, la gestion, la sécurité, le français, l’anglais, le développement commercial et la réglementation spécifique VTC, ainsi qu’une épreuve pratique d’environ 20 à 30 minutes notée sur 20 points, évaluant la conduite, la sécurité, la relation client et la facturation. Le coût officiel en 2025 est de 237 euros.

Une exception existe pour les chauffeurs professionnels justifiant d’au moins un an d’expérience dans les dix dernières années, pour lesquels les conditions d’accès sont allégées. Les anciens chauffeurs de taxi qui souhaitent se reconvertir bénéficient également d’un parcours simplifié.

La carte professionnelle VTC

Une fois l’examen réussi, le candidat demande sa carte professionnelle VTC auprès de la préfecture de son département, ou auprès du Bureau des taxis et des transports publics pour les résidents parisiens. La carte coûte environ 57,60 euros et est valable 5 ans sur tout le territoire français.

La carte professionnelle VTC est indispensable avant toute création d’entreprise : vous ne pouvez pas immatriculer votre société VTC sans justifier de cette carte. Elle doit ensuite être apposée sur le pare-brise du véhicule et renouvelée tous les 5 ans après une formation continue obligatoire de 14 heures.

La séquence est impérative : examen VTC, puis carte professionnelle, puis création de la structure juridique, puis inscription au REVTC, puis démarrage de l’activité. Tenter de sauter une étape ou d’inverser l’ordre génère des blocages administratifs qui peuvent retarder le lancement de plusieurs semaines.


2. Le choix du statut juridique : l’arbitrage le plus structurant

Les quatre options disponibles et leur logique

Pour exercer en tant qu’indépendant VTC, vous pouvez choisir différents statuts juridiques : l’entrepreneur individuel (EI) avec option micro-entreprise, ou une société de type EURL, SASU, voire SARL si vous avez des associés. Chaque statut a des implications directes sur la fiscalité, la protection sociale, la capacité de déduction des charges et la complexité administrative.

La micro-entreprise : simple pour démarrer, limitée pour se développer

La micro-entreprise est le statut le plus accessible et le plus répandu au démarrage. Elle ne nécessite aucun capital social, les formalités d’immatriculation sont gratuites et entièrement en ligne, et les charges sociales sont calculées comme un pourcentage fixe du chiffre d’affaires, sans comptabilité complexe.

Le plafond de chiffre d’affaires en micro-entreprise est fixé à 77 700 euros pour les prestations de services pour la période 2025-2026. Le problème structurel de ce statut pour les VTC est l’impossibilité de déduire les charges réelles. Leasing du véhicule, carburant, assurance RC Pro, entretien : toutes ces dépenses ne viennent pas réduire la base imposable. Pour une activité VTC où les charges sont élevées, c’est un handicap sérieux dès que le volume de courses augmente.

En pratique, la micro-entreprise convient pour tester l’activité, démarrer progressivement ou exercer en activité complémentaire. Elle devient rapidement pénalisante pour un chauffeur à temps plein dont les charges mensuelles (véhicule, assurance, carburant, entretien) représentent 40 à 60 % du chiffre d’affaires.

La SASU : le statut le plus choisi par les VTC indépendants

La création d’une SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est le statut le plus choisi par les chauffeurs VTC qui souhaitent développer leur activité sérieusement. Les raisons sont multiples. En tant que président de SASU, le gérant est assimilé salarié, ce qui lui donne accès au régime général de la Sécurité sociale avec une meilleure couverture maladie et des droits à la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO plus solides. Toutes les charges réelles sont déductibles du résultat imposable, ce qui réduit significativement la base de l’impôt sur les sociétés. La flexibilité statutaire est supérieure à l’EURL pour accueillir d’éventuels investisseurs ou évoluer vers une SAS multi-associés. Enfin, la séparation entre patrimoine personnel et patrimoine professionnel est totale.

La contrepartie est un coût de création plus élevé (annonce légale, frais de greffe, rédaction des statuts), une comptabilité complète obligatoire qui justifie presque systématiquement de s’adjoindre les services d’un expert-comptable, et des charges sociales plus élevées sur la rémunération du dirigeant.

L’EURL : l’alternative pour ceux qui veulent le régime TNS

L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est la version unipersonnelle de la SARL. Le gérant majoritaire est affilié au régime des travailleurs non salariés (TNS), avec des cotisations sociales inférieures à celles de l’assimilé salarié SASU, mais une protection sociale et des droits à la retraite moindres. L’EURL permet également de déduire l’ensemble des charges réelles et d’optimiser la rémunération entre salaire et dividendes.

Le tableau suivant synthétise les différences structurelles entre les quatre statuts disponibles :

CritèreMicro-entrepriseEURLSASU
Capital social minimumAucun1 €1 €
Coût de création0 €100 à 300 €100 à 300 €
Déduction des charges réellesNonOuiOui
Plafond de CA77 700 €/anAucunAucun
Régime social du dirigeantTNS simplifiéTNS (cotisations ~45 % du net)Assimilé salarié (~80 % du brut)
Protection socialeLimitéeIntermédiaireProche du salarié
ComptabilitéSimplifiéeComplèteComplète
Passage en ISNonOui (option)Oui par défaut
Profil recommandéDémarrage, testCA > 40 000 € avec logique TNSCA > 40 000 €, logique salarié

Quand basculer de la micro-entreprise vers une société

La micro-entreprise VTC convient pour tester l’activité ou exercer en complément d’un autre emploi. Si vous atteignez les limites de ce statut, il est possible de passer de la micro-entreprise à une société pour optimiser votre fiscalité. Ce basculement est conseillé dès que l’une des trois conditions suivantes est réunie : le chiffre d’affaires annuel approche 50 000 à 60 000 euros et les charges réelles représentent une part significative du CA, vous souhaitez investir dans un véhicule premium dont l’amortissement est déductible uniquement en société, ou vous envisagez d’embaucher un second chauffeur et de développer une flotte.


3. Les licences et obligations réglementaires : ce que la loi impose

L’inscription au REVTC : l’obligation centrale

L’inscription au registre des exploitants de voitures de transport avec chauffeur (REVTC) est une étape incontournable pour exercer légalement une activité de VTC en France. Encadrée par le Code des transports et issue de la loi Thévenoud du 1er octobre 2014, cette formalité conditionne l’accès au marché et aux plateformes de mise en relation.

L’inscription au REVTC coûte 170 euros et doit être renouvelée tous les 5 ans. Elle est obligatoire après la création de la structure juridique et l’obtention de l’assurance RC Pro. Sans attestation d’assurance valide, le dossier REVTC est rejeté. Chaque véhicule de la flotte doit être déclaré individuellement dans le registre.

L’absence d’inscription au registre des VTC est considérée comme un exercice illégal de l’activité. Elle est sanctionnée d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Cette sanction s’applique même si vous disposez par ailleurs de votre carte professionnelle et de votre Kbis. Les deux documents sont nécessaires mais ne suffisent pas : l’inscription au REVTC est la troisième condition sine qua non.

À compter du 29 octobre 2025, tout justificatif de réservation doit mentionner le numéro d’inscription de l’exploitant au REVTC ainsi que le numéro unique d’identification SIREN de l’exploitant. Cette évolution réglementaire renforce la traçabilité et signifie que votre numéro REVTC doit figurer sur chaque bon de transport remis aux clients.

Les assurances obligatoires

La loi Thévenoud impose aux chauffeurs VTC de souscrire à deux assurances distinctes. La première est la Responsabilité Civile Circulation (RC Pro Circulation), qui couvre les dommages matériels, corporels et immatériels causés à des tiers pendant la conduite. Son coût annuel moyen est de 2 500 à 3 250 euros. La seconde est la Responsabilité Civile Exploitation (RC Pro Exploitation), qui couvre les dommages causés en dehors de la conduite : bagages abîmés, chute d’un client, préjudice en cas de retard. Son coût annuel moyen est de 100 à 300 euros.

Depuis 2025, la garantie minimale de la RC Pro pour les passagers est fixée à 5 millions d’euros. Sans ces deux attestations, Uber, Bolt et Heetch bloquent l’accès à leurs applications. Le défaut d’assurance expose à une amende pouvant atteindre 3 750 euros et au retrait de la carte professionnelle.

Ces deux assurances font généralement l’objet d’un seul contrat groupé chez les assureurs spécialisés VTC. Il est fortement recommandé de comparer plusieurs offres, les écarts de tarifs entre assureurs pour une couverture équivalente pouvant dépasser 1 000 euros annuels.

Les normes du véhicule : des critères stricts à respecter

Le véhicule doit avoir moins de 6 ans, au moins 4 portes, entre 4 et 9 places, mesurer au minimum 4,50 mètres de long et développer au moins 84 kW de puissance. Un contrôle technique annuel est obligatoire.

La vignette rouge VTC, délivrée après inscription validée au REVTC, doit être apposée à l’avant du véhicule dans l’angle du pare-brise avant en bas à gauche, et à l’arrière dans l’angle du pare-brise arrière en bas à droite. Son coût est de 35 euros.

À Paris, seuls les VTC Crit’Air 1 ou électriques peuvent circuler en centre-ville depuis début 2025. Cette contrainte s’étend progressivement à d’autres métropoles françaises qui ont mis en place ou prévoient des Zones à Faibles Émissions. Vérifier les restrictions ZFE applicables dans votre zone d’activité avant de choisir le véhicule est une étape indispensable : investir dans un véhicule diesel ou essence qui ne pourra pas circuler dans la zone visée serait une erreur irréparable.

Les obligations d’exploitation au quotidien

La réglementation VTC impose plusieurs contraintes permanentes que tout exploitant doit intégrer dans son fonctionnement quotidien. La maraude est strictement interdite : le chauffeur VTC ne peut pas stationner sur la voie publique pour attendre des clients, ne peut pas être hélé dans la rue, et ne peut pas pratiquer la maraude électronique. Chaque course doit s’effectuer suite à une réservation préalable. Après avoir effectué une course, le conducteur qui n’a pas de réservation enregistrée doit retourner se garer au lieu où est située l’entreprise.

Depuis le 1er juillet 2025, trois nouvelles amendes forfaitaires délictuelles ont été généralisées pour les infractions les plus fréquentes, dont la prise en charge sans réservation préalable. Le montant est de 400 à 1 000 euros selon la gravité et la récidive.


4. Le budget de démarrage : les chiffres réels en 2026

Les frais d’accès à la profession

Avant même de parler du véhicule, les frais liés aux qualifications personnelles et aux formalités administratives représentent un premier investissement souvent sous-estimé dans les projections initiales.

PosteMontantNature
Examen VTC (CMA)237 €Obligatoire
Carte professionnelle VTC57,60 €Obligatoire, valable 5 ans
Stage de préparation à l’installation (SPI)194 à 250 €Selon la CMA, parfois exigé
Création de la structure juridique (SASU/EURL)100 à 300 €Annonce légale + frais de greffe
Inscription au REVTC170 €Obligatoire, valable 5 ans
Vignette VTC35 €Obligatoire
Sous-total frais d’accès793 à 1 050 €Hors véhicule et assurance

Sources : service-public.fr, captaincontrat.com, assurances-vtc.com, données 2025-2026.

Le véhicule : le poste le plus structurant

Le choix du véhicule conditionne simultanément la conformité réglementaire, le positionnement commercial, la structure des charges d’exploitation et la capacité d’accès aux plateformes premium. Trois options se présentent.

L’achat comptant ou à crédit est pertinent pour les chauffeurs qui souhaitent constituer un patrimoine professionnel et qui ont un kilométrage élevé à long terme. Le budget pour un véhicule VTC est de 25 000 à 50 000 euros à l’achat. L’avantage est l’absence de contrainte kilométrique contractuelle (un VTC actif parcourt 40 000 à 60 000 kilomètres par an). L’inconvénient est l’immobilisation de capital et la gestion de la revente après 6 ans.

La location longue durée (LLD) est la formule la plus répandue dans le secteur selon les estimations professionnelles du secteur. Le leasing représente une charge de 400 à 800 euros par mois selon le modèle. Cette option préserve la trésorerie initiale, garantit un véhicule récent conforme aux normes réglementaires, et intègre souvent l’entretien. En société, les loyers de LLD sont entièrement déductibles du résultat imposable.

La location avec services complets (incluant assurance et entretien) est plus chère mais permet une visibilité totale sur le coût mensuel du véhicule. Elle est adaptée aux chauffeurs qui souhaitent externaliser la gestion du véhicule pour se concentrer sur l’exploitation.

Les assurances : un budget annuel conséquent

Le coût annuel de l’assurance RC Pro Circulation VTC est de 2 500 à 3 250 euros. La RC Pro Exploitation ajoute 100 à 300 euros annuels. Le budget total d’assurance professionnelle obligatoire s’établit donc entre 2 600 et 3 550 euros par an, soit 217 à 296 euros par mois. Ce poste est incompressible et doit figurer dans le prévisionnel dès le premier jour, car les plateformes comme Uber et Bolt bloquent l’activation du compte sans les attestations correspondantes.

Le tableau complet du budget de démarrage

Au total, les charges fixes mensuelles hors commissions plateformes et cotisations sociales se situent entre 1 340 et 2 600 euros pour un chauffeur solo en SASU à l’IS avec un véhicule en leasing à Paris.

PosteMontantNature
Frais d’accès à la profession (examen, carte, REVTC)750 à 1 050 €One-shot
Création de la structure juridique100 à 300 €One-shot
Véhicule (achat) ou leasing25 000 à 50 000 € / 400 à 800 €/moisAchat ou mensuel
Assurance RC Pro2 600 à 3 550 €/anAnnuel
Équipement professionnel300 à 500 €One-shot
Trésorerie de démarrage4 000 à 12 000 €Réserve
Expert-comptable100 à 300 €/moisMensuel

Source : données issues de captaincontrat.com, l-expert-comptable.com et assurances-vtc.com, 2025-2026. Les montants de trésorerie de démarrage constituent des estimations professionnelles du secteur.

La trésorerie de démarrage est le poste le plus souvent négligé dans les projections initiales. Un VTC qui démarre son activité met 2 à 4 mois pour atteindre son régime de croisière sur les plateformes. Pendant cette période, les charges fixes (leasing, assurance, téléphonie) courent sans que le CA soit au niveau cible. Disposer de 3 à 6 mois de charges fixes en réserve le jour du lancement est une condition de survie, pas une précaution.


5. Les étapes dans l’ordre : le plan d’action complet

  1. Vérifier les conditions personnelles d’accès. Permis B depuis plus de 3 ans, casier judiciaire compatible avec l’exercice de la profession, aptitude médicale. Ces vérifications préalables permettent de s’assurer que la démarche a un sens avant d’investir dans la formation.
  2. Préparer et réussir l’examen VTC. S’inscrire auprès de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, se préparer aux 7 épreuves théoriques et à l’épreuve pratique. Budget : 237 euros de frais d’inscription.
  3. Demander la carte professionnelle VTC. Dossier à déposer auprès de la préfecture après obtention de l’attestation de réussite de la CMA. Coût : 57,60 euros. Délai : 2 à 4 semaines selon la préfecture.
  4. Choisir le statut juridique. Arbitrer entre micro-entreprise, EURL et SASU en fonction du volume d’activité envisagé, du niveau de charges réelles et de la logique de protection sociale souhaitée. Se faire accompagner par un expert-comptable dès cette étape.
  5. Créer la structure juridique. Pour une SASU ou une EURL, rédaction des statuts, dépôt du capital social, publication d’une annonce légale dans un journal d’annonces légales du département du siège social, et dépôt du dossier sur le guichet unique des formalités des entreprises. Le délai moyen pour obtenir le Kbis est de 1 à 3 semaines.
  6. Choisir et acquérir le véhicule. Vérifier la conformité aux normes (moins de 6 ans, 4 portes minimum, 4,50 m minimum, 84 kW minimum), anticiper les restrictions ZFE de votre zone d’activité, et choisir entre achat et LLD selon votre situation financière et votre horizon d’activité.
  7. Souscrire l’assurance RC Pro VTC. Les deux volets (Circulation et Exploitation) doivent être souscrits avant toute demande d’inscription au REVTC. Comparer plusieurs offres d’assureurs spécialisés VTC. Budget annuel : 2 600 à 3 550 euros.
  8. S’inscrire au REVTC. Dépôt du dossier en ligne sur registre-vtc.developpement-durable.gouv.fr, avec le Kbis, l’attestation d’assurance RC Pro, la carte professionnelle et le justificatif du véhicule. Coût : 170 euros.
  9. Apposer la vignette VTC. Commander la vignette sur le site du registre (35 euros) et l’apposer aux emplacements réglementaires sur le pare-brise avant et arrière.
  10. S’inscrire sur les plateformes et lancer l’activité. Une fois le numéro REVTC obtenu, créer le compte chauffeur sur les plateformes cibles en fournissant les pièces requises (carte professionnelle, attestation d’assurance, Kbis, numéro REVTC).

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6. Les erreurs qui coûtent le plus cher

Créer la structure juridique avant d’avoir la carte professionnelle. L’immatriculation d’une société VTC nécessite de justifier de la carte professionnelle. Commencer par créer la structure sans l’avoir obtenue oblige à recommencer le dossier une fois la carte en main, avec une perte de temps et de frais de formalités.

Choisir la micro-entreprise sans calculer l’impact sur les charges déductibles. Un chauffeur qui paie 800 euros de leasing, 250 euros d’assurance et 600 euros de carburant par mois supporte 1 650 euros de charges mensuelles. En micro-entreprise, aucune de ces charges ne réduit l’assiette imposable. Sur un CA mensuel net de 2 500 euros, la différence fiscale entre micro-entreprise et SASU peut représenter plusieurs centaines d’euros par mois.

Sous-estimer le budget assurance. Beaucoup de porteurs de projet prévoient une assurance auto classique sans réaliser que la RC Pro VTC est une obligation légale distincte, nettement plus coûteuse. Découvrir lors de la demande d’inscription au REVTC que l’assurance souscrite n’est pas conforme reporte le lancement de plusieurs semaines.

Ignorer les restrictions ZFE dans le choix du véhicule. Un chauffeur qui investit dans un véhicule Crit’Air 3 ou 4 pour exercer principalement dans Paris ou Lyon se retrouve en 2025 avec un véhicule qui ne peut plus circuler dans sa zone d’activité principale. La perte financière est totale et irréversible à court terme.

Ne pas constituer de trésorerie de démarrage. La montée en puissance sur les plateformes prend du temps. Les premières semaines, le nombre de courses attribuées est faible et le CA est insuffisant pour couvrir les charges. Sans réserve de trésorerie, le premier mois de charges fixes non couvertes peut compromettre la continuité de l’activité.

Oublier de déclarer les événements dans l’espace REVTC. L’inscription au REVTC donne accès à un espace de gestion où doivent être enregistrés tous les événements de la vie professionnelle dans les 3 mois. Un changement de véhicule, un nouveau conducteur, ou une modification de l’adresse de l’entreprise doivent être déclarés dans ce délai. L’oubli expose à des sanctions administratives.


FAQ

Peut-on créer une société de VTC en étant au chômage ? Oui. Le statut de demandeur d’emploi n’est pas un obstacle à la création d’une entreprise VTC. Il est même possible de maintenir une partie des allocations chômage pendant la création (dispositif ARCE ou ARE maintenu) sous conditions. Il est fortement conseillé de contacter France Travail avant de lancer les démarches pour optimiser ce dispositif.

Faut-il obligatoirement passer l’examen VTC si on a déjà travaillé dans le transport ? Pas nécessairement. Si vous avez déjà travaillé comme chauffeur professionnel pendant au moins 1 an dans les 10 dernières années, les conditions d’accès sont allégées. Les anciens chauffeurs de taxi bénéficient également d’un parcours simplifié. Dans ces cas, renseignez-vous directement auprès de votre préfecture sur les justificatifs à fournir.

Combien de temps faut-il pour être opérationnel de A à Z ? En moyenne, selon les estimations professionnelles du secteur, 2 à 4 mois entre le début de la préparation à l’examen et le premier jour d’activité effectif. Les délais s’allongent en cas de file d’attente pour l’examen CMA, de délai préfectoral pour la carte professionnelle, ou de dossier REVTC incomplet.

Peut-on exercer avec un véhicule en location courte durée ? La garantie financière de 1 500 euros par véhicule n’est pas nécessaire si vous êtes propriétaire du véhicule ou si vous le louez pour une durée supérieure à 6 mois. En cas de location inférieure à 6 mois, cette garantie doit être constituée. La location courte durée est donc possible mais génère une obligation financière supplémentaire.

Un expert-comptable est-il obligatoire ? Légalement non, sauf pour les sociétés soumises à l’IS qui ont l’obligation de tenir une comptabilité complète. En pratique, un expert-comptable spécialisé VTC optimise le choix du statut, paramètre correctement les charges déductibles, gère les déclarations sociales et fiscales, et peut représenter un gain significatif par rapport à son coût d’honoraires, notamment en société.


Conclusion : créer une société de VTC en 2026 demande de la méthode, pas seulement de la motivation

Le secteur VTC est attractif, le marché est en croissance, et les opportunités pour un chauffeur bien organisé sont réelles. Mais la création d’une société de VTC est un parcours administratif séquencé et non négociable, dans lequel chaque étape conditionne la suivante. Beaucoup de porteurs de projet qui ont négligé la phase de préparation se retrouvent à payer des charges fixes sur une activité qui ne peut pas encore démarrer, faute d’un document manquant.

Ce que vous devez retenir

La séquence est impérative : examen VTC puis carte professionnelle puis création de la structure juridique puis assurance RC Pro puis inscription au REVTC. Toute inversion génère des blocages coûteux en temps et en argent. L’absence d’inscription au REVTC est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, ce n’est pas un détail administratif, c’est la condition légale d’exercice. Le choix du statut juridique entre micro-entreprise, EURL et SASU doit être fait en fonction de votre volume d’activité envisagé et de votre niveau de charges réelles : la micro-entreprise est adaptée au démarrage et aux CA inférieurs à 50 000 euros annuels, la SASU ou l’EURL s’imposent au-delà. Depuis 2025, la garantie minimale de la RC Pro est fixée à 5 millions d’euros, et les deux volets d’assurance sont obligatoires avant toute inscription au REVTC. Le budget total de démarrage hors véhicule se situe entre 7 000 et 16 000 euros selon les estimations professionnelles du secteur, trésorerie de démarrage incluse. Les restrictions ZFE en vigueur depuis début 2025 dans les grandes métropoles imposent un véhicule Crit’Air 1 ou électrique pour exercer en centre-ville : anticiper cette contrainte dans le choix du véhicule n’est plus une option, c’est une nécessité opérationnelle.

Votre projet de création est-il vraiment prêt ?

Avez-vous vérifié les restrictions ZFE applicables dans votre zone d’activité principale et confirmé que le véhicule envisagé y est conforme, avant de prendre toute décision d’achat ou de leasing ? Avez-vous calculé la différence fiscale réelle entre micro-entreprise et SASU sur la base de vos charges réelles prévisionnelles (leasing, assurance, carburant, entretien), et non seulement comparé les taux de cotisations affichés ? Votre plan de financement intègre-t-il une trésorerie de démarrage distincte de l’investissement dans le véhicule, suffisante pour couvrir 3 à 6 mois de charges fixes pendant la montée en puissance de l’activité sur les plateformes ?

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