Ouvrir un cabinet dentaire
27/05/2026

Création d’un cabinet dentaire : statut juridique, financement, local et obligations

Ce que vous devez savoir avant de commencer

Au 1er janvier 2025, 47 600 chirurgiens-dentistes sont en activité en France, selon les données de la DREES issues du Répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé (RPPS). Depuis treize ans, les effectifs ont augmenté de 17,7 %, avec une accélération particulièrement forte entre 2024 et 2025 : +4,1 % en un an. Cette progression, conséquence directe du relèvement du numerus clausus engagé dans les années 2000, se traduit aujourd’hui par une pression concurrentielle accrue dans les zones urbaines denses et par une réforme structurelle du conventionnement entrée en vigueur au 1er janvier 2025.

Créer un cabinet dentaire en 2026 n’est plus seulement un projet entrepreneurial : c’est un parcours réglementaire précis, séquencé, dans lequel le choix de la zone d’installation conditionne l’accès au conventionnement, le choix du statut juridique détermine la fiscalité et la protection sociale pour les années suivantes, et le budget de démarrage engage souvent plus de 200 000 euros. Ce guide couvre l’intégralité du processus : les conditions d’accès à la profession, les statuts juridiques disponibles, les obligations réglementaires, les contraintes liées au local, le budget réaliste de création et les étapes à respecter dans l’ordre.


1. Les conditions préalables à l’installation : ce que la loi impose avant toute démarche

Le diplôme, l’inscription au RPPS et l’inscription à l’Ordre

Pour exercer légalement la chirurgie dentaire en France, trois conditions cumulatives doivent être remplies avant d’engager toute démarche de création de cabinet. La première est la détention d’un diplôme d’État de chirurgien-dentiste ou d’un titre étranger reconnu équivalent selon les procédures prévues par le Code de la santé publique. L’enregistrement du diplôme est nécessaire pour obtenir un numéro d’identification dans le Répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé (RPPS), le répertoire unique de référence permettant d’identifier les professionnels de santé.

La deuxième condition est l’inscription au tableau de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes. Cette inscription est obligatoire pour exercer légalement. Elle est effectuée auprès du conseil départemental correspondant au lieu d’exercice envisagé, sur présentation d’un dossier comprenant le diplôme, les justificatifs d’identité et un extrait de casier judiciaire. La cotisation ordinale, financée exclusivement par les praticiens, s’élevait à 431 euros en 2022 selon les données publiées par l’Ordre national des chirurgiens-dentistes. La troisième condition est la souscription d’une assurance responsabilité civile professionnelle (RCP), obligatoire avant tout acte sur patient.

La nouvelle donne du conventionnement : la réforme du 1er janvier 2025

La liberté totale d’installation conventionnée a pris fin le 1er janvier 2025. La convention nationale des chirurgiens-dentistes signée le 21 juillet 2023 (parue au Journal officiel du 25 août 2023) instaure des conditions spécifiques d’accès au conventionnement dans les zones non prioritaires (ZNP). Cette réforme, dont les effets sont déjà pleinement ressentis par les praticiens en cours d’installation, repose sur une cartographie établie par les Agences Régionales de Santé (ARS) qui classe chaque territoire en fonction de la densité de l’offre odontologique.

Dans les zones définies par l’ARS comme étant non prioritaires en chirurgiens-dentistes, le conventionnement d’un chirurgien-dentiste libéral ne peut désormais se faire qu’en remplacement d’un praticien conventionné cessant son activité. En pratique, cela signifie qu’un jeune praticien souhaitant s’installer dans une zone non prioritaire doit identifier un confrère partant à la retraite ou cessant définitivement son activité, obtenir sa désignation comme successeur, et attendre que la caisse d’assurance maladie valide le transfert du conventionnement.

La convention dentaire instaure ainsi un dispositif « 1 pour 1 » : un départ préalable pour un nouveau conventionnement. Les zones non prioritaires correspondent aux secteurs où la concentration de dentistes est jugée suffisante, voire excédentaire, par les autorités de santé. Le zonage est révisé tous les deux ans par les ARS. Avant de lancer tout projet d’installation, vérifier le classement de la zone envisagée sur le site Cartosanté est une étape non négociable : construire un cabinet dans une zone non prioritaire sans identifier de successeur disponible expose à l’impossibilité d’obtenir un conventionnement à l’Assurance Maladie.

Dans les zones sous-dotées ou intermédiaires, l’installation reste libre et peut s’accompagner d’aides incitatives prévues par la convention 2023-2028. Le choix de la zone d’implantation est donc simultanément un choix stratégique, un choix commercial et un choix réglementaire.

L’adhésion à la convention dentaire et l’inscription à la CPAM

Parmi les démarches à accomplir pour l’installation et l’exercice de l’activité libérale figure l’inscription à la CPAM du lieu d’exercice pour l’informer de l’installation. L’adhésion à la convention nationale des chirurgiens-dentistes, dont la dernière version est celle signée le 21 juillet 2023 pour la période 2023-2028, détermine les tarifs opposables et les conditions de remboursement des actes par l’Assurance Maladie. Un chirurgien-dentiste non conventionné peut exercer, mais ses honoraires ne sont pas remboursables aux taux conventionnés, ce qui représente un handicap commercial significatif dans la majorité des zones géographiques.


2. Le choix du statut juridique : l’arbitrage le plus structurant de la création

L’exercice individuel : la voie la plus directe, pas la plus optimisée

L’exercice à titre individuel permet de démarrer l’activité sans créer de structure sociétaire distincte. Le praticien exerce sous son propre nom, déclare ses bénéfices non commerciaux (BNC) dans la catégorie des professions libérales, et est soumis à l’impôt sur le revenu. Cette formule présente l’avantage de la simplicité administrative et d’une comptabilité allégée. Elle présente en revanche plusieurs inconvénients structurels : confusion des patrimoines privé et professionnel, impossibilité d’optimiser la rémunération entre salaire et dividendes, absence de passage possible à l’impôt sur les sociétés, et complexité en cas d’association future avec un confrère.

L’exercice individuel est souvent la formule de démarrage choisie par les jeunes praticiens qui s’installent dans des zones sous-dotées avec un investissement initial limité, ou qui souhaitent tester leur zone d’activité avant de structurer une société. Il devient structurellement pénalisant à mesure que le chiffre d’affaires croît et que les charges déductibles deviennent significatives.

La SEL : le statut de référence pour l’exercice libéral organisé

La Société d’Exercice Libéral (SEL) est le statut le plus répandu parmi les chirurgiens-dentistes qui structurent leur activité au-delà du démarrage. La SELARL (Société d’Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) est une société commerciale dont les règles ont été adaptées aux professions réglementées, dont font partie les chirurgiens-dentistes. Elle peut être créée même si le praticien est seul, il sera alors gérant d’une SELARL unipersonnelle (SELARLU).

Les sociétés d’exercice libéral, essentiellement soumises à l’impôt sur les sociétés, permettent de lisser les revenus professionnels. Les praticiens exerçant en SEL perçoivent généralement deux sortes de rémunérations : des rémunérations versées au titre de gérant majoritaire, imposables selon les règles prévues en matière de traitements et salaires, d’une part, et des rémunérations versées sous forme de dividendes, d’autre part. Cette flexibilité dans la structuration de la rémunération est l’un des principaux avantages de la SEL par rapport à l’exercice individuel.

La SEL acquiert la personnalité morale à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés, laquelle ne peut intervenir qu’après son inscription au tableau de l’Ordre. Les statuts doivent donc être transmis afin d’obtenir l’aval de l’Ordre. Ce point mérite une attention particulière : la séquence est stricte, et l’immatriculation ne peut pas précéder l’approbation ordinale. Tout projet de création de SEL doit anticiper ce délai supplémentaire dans le calendrier de lancement.

La réforme opérée par l’ordonnance du 8 février 2023, entrée en vigueur progressivement jusqu’en septembre 2025, a modernisé le cadre des SEL pour les professions libérales réglementées. Pour les chirurgiens-dentistes exerçant en SEL (SELARL, SELAS, SELCA, SELAFA) ou via une SPFPL, les statuts devaient être mis à jour au plus tard le 1er septembre 2025. Tout praticien créant une SEL en 2026 doit s’assurer que ses statuts sont rédigés en référence à cette ordonnance, et non à la loi du 31 décembre 1990 qui ne constitue plus la base juridique applicable.

La SCP et la SCM : les formules adaptées à l’exercice en groupe

La Société Civile Professionnelle (SCP) est une alternative à la SEL pour les praticiens qui souhaitent s’associer avec un ou plusieurs confrères tout en conservant une structure civile. Elle est transparente fiscalement (chaque associé est imposé sur sa quote-part de résultat à l’impôt sur le revenu), ce qui la distingue de la SEL soumise à l’IS. Elle convient aux praticiens qui exercent ensemble, partagent la clientèle et les honoraires, et souhaitent une structure commune de gestion.

La Société Civile de Moyens (SCM) fonctionne comme un compte joint : chaque associé verse sa part, et c’est la société qui fait les achats pour le compte du cabinet. Les professionnels ne mutualisent que leurs dépenses, ils restent juridiquement autonomes sur les recettes et leur rythme de travail. La SCM est la formule privilégiée lorsque plusieurs praticiens souhaitent partager un local et des équipements sans mettre en commun leur patientèle ni leurs honoraires. C’est une structure légère, fiscalement transparente, qui permet de réduire les charges d’exploitation sans créer d’interdépendance commerciale entre les associés.

Tableau comparatif des statuts disponibles

CritèreExercice individuelSELARLSCPSCM
Personnalité moraleNonOuiOuiOui
Régime fiscalIR (BNC)IS par défautIR (transparence)IR (transparence)
Séparation des patrimoinesNonOuiPartielleOui
Partage des honorairesNon applicableSelon statutsOuiNon
Partage des chargesNonSelon statutsOuiOui
Approbation ordinale des statutsNonObligatoireObligatoireNon
Complexité administrativeFaibleÉlevéeMoyenneFaible
Profil recommandéDémarrage ou petite structureCA significatif, optimisation fiscaleExercice en groupe avec patientèle communeMutualisation des coûts sans mise en commun des honoraires

Source : données issues du Code de la santé publique, de l’ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 et des publications de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes.


3. Le local : trouver, aménager et mettre aux normes

Les critères de sélection du local et la question du bail

Le local d’un cabinet dentaire n’est pas un local commercial ordinaire. Ses contraintes techniques (alimentation en eau, évacuations spécifiques, circuit stérilisation, ventilation adaptée, gestion des déchets d’activité de soins à risque infectieux) imposent soit de trouver un espace déjà aménagé pour un usage médical ou dentaire, soit d’engager des travaux d’adaptation substantiels. La superficie minimale recommandée pour une salle de soins fonctionnelle est généralement de 15 à 20 mètres carrés, auxquels s’ajoutent la salle d’attente, le secrétariat, la zone de stérilisation et les sanitaires.

Le bail professionnel est la formule contractuelle habituelle pour un cabinet libéral. Il se distingue du bail commercial par sa durée minimale de 6 ans et ses conditions de résiliation spécifiques. Certains praticiens choisissent d’acquérir leurs locaux, soit directement à titre personnel, soit via une Société Civile Immobilière (SCI), ce qui leur permet de séparer le patrimoine immobilier du patrimoine professionnel tout en se constituant un actif à long terme. Cette option est plus pertinente dans les zones où la valeur immobilière est stable et où l’installation s’inscrit dans un projet de long terme.

Les normes obligatoires du cabinet dentaire

Un cabinet dentaire est classé établissement recevant du public (ERP) de 5e catégorie au sens de l’article R143-2 du Code de la construction et de l’habitation. Il doit donc se soumettre à la loi Handicap 2005 et ses obligations d’accessibilité aux personnes handicapées. Cela signifie que la conception des lieux doit permettre aux personnes à mobilité réduite ou déficientes sensorielles de se déplacer librement, de manière autonome et en toute sécurité. Pour un cabinet créé dans un bâtiment construit depuis 2007, cette accessibilité est obligatoire dès la création.

Le cheminement permettant d’accéder aux locaux doit être libre de tout obstacle et permettre le croisement d’une personne valide avec une personne circulant en fauteuil roulant. Pour un ERP, la largeur minimale d’un cheminement doit être de 1,40 mètre. Des sanitaires PMR, une signalétique adaptée aux personnes malvoyantes et des accès conformes aux exigences de la loi du 11 février 2005 constituent les points de contrôle systématiques lors de la vérification par la commission de sécurité et d’accessibilité.

Les règles d’hygiène et d’asepsie au cabinet dentaire sont spécifiques et nombreuses. Avant les soins, le chirurgien-dentiste doit se laver les mains avec un savon antiseptique, et le fauteuil, le scialytique, l’unit, le plan de travail et le clavier de l’ordinateur doivent être désinfectés. Pendant les soins, le chirurgien-dentiste doit porter des gants et des masques médicaux et les jeter après chaque patient.

Les salles de radiologie sont soumises à la réglementation sur la radioprotection. Les salles de radiologie panoramique ou locale doivent respecter les règles de radioprotection, et les fauteuils dentaires doivent être ergonomiques et ajustables. Le circuit stérilisation doit respecter le principe de la marche en avant : les dispositifs médicaux souillés entrent dans une zone contaminée, sont nettoyés puis stérilisés dans une zone propre, sans croisement des flux propre et sale. Cette exigence impose une conception architecturale spécifique qui doit être anticipée dès la recherche du local.

Acheter ou louer : les implications financières concrètes

Le loyer constitue généralement le premier poste avec 2 000 à 3 500 euros mensuels selon la localisation et la superficie. Dans les grandes agglomérations, et particulièrement à Paris et en petite couronne, ces montants peuvent être sensiblement plus élevés pour des surfaces bien situées au rez-de-chaussée avec accès PMR. L’acquisition des locaux représente un investissement distinct de l’investissement en équipements, et mobilise souvent un financement immobilier séparé via SCI. La décision doit tenir compte de la durée d’installation envisagée, des perspectives de valorisation immobilière locale, et de l’impact sur la capacité d’emprunt du praticien pour financer simultanément les équipements.


4. Le budget de démarrage : les chiffres réels en 2026

L’équipement médical : le poste le plus lourd

L’équipement médical représente le cœur de l’investissement dans un cabinet dentaire. L’équipement médical constitue 40 à 50 % du budget total. Un fauteuil dentaire complet avec tous ses accessoires coûte entre 25 000 et 45 000 euros. Pour un cabinet standard équipé de deux fauteuils, l’investissement en postes de soins seuls dépasse facilement 60 000 euros avant les équipements d’imagerie.

Les appareils de radiographie sont indispensables pour le diagnostic. Le capteur intra-oral numérique coûte entre 3 000 et 7 000 euros selon la marque, la radio panoramique entre 15 000 et 30 000 euros, et le cone beam (scanner 3D) entre 40 000 et 80 000 euros. Ces montants ne comprennent pas les logiciels de visualisation et de gestion des images, ni l’installation technique spécifique requise pour les équipements de radiologie. À cela s’ajoutent les instruments et le matériel de stérilisation, dont le coût avoisine les 30 000 euros, et les logiciels de gestion qui jouent un rôle clé dans l’organisation du cabinet, avec un investissement entre 5 000 et 15 000 euros.

Le tableau complet du budget de démarrage

PosteMontant estiméNature
Local (loyer mensuel)2 000 à 3 500 €/moisRécurrent
Travaux d’aménagement et mise aux normes30 000 à 80 000 €One-shot
Fauteuil(s) dentaire(s) complet(s)25 000 à 45 000 € par fauteuilOne-shot
Imagerie (panoramique + capteurs)20 000 à 50 000 €One-shot
Matériel de stérilisation15 000 à 30 000 €One-shot
Logiciel de gestion du cabinet5 000 à 15 000 €One-shot
Consommables de démarrage10 000 à 40 000 €One-shot
Frais de création de la structure juridique1 500 à 5 000 €One-shot
Assurance RCP1 500 à 3 500 €/anAnnuel
Trésorerie de démarrage20 000 à 50 000 €Réserve

Sources : estimations professionnelles du secteur issues de modelesdebusinessplan.com, coursdentaires.com et arthur-loyd.com, 2025-2026.

Le budget total pour créer un cabinet dentaire varie généralement entre 200 000 et 500 000 euros selon la localisation, la superficie et le niveau d’équipement choisi. Cette fourchette recouvre des réalités très différentes : une installation minimale dans une zone rurale avec un fauteuil d’occasion peut se rapprocher de 150 000 euros, tandis qu’une installation standard avec un à deux fauteuils neufs et équipement complet se situe entre 250 000 et 350 000 euros selon les estimations professionnelles du secteur.

Le financement : banques, leasing et aides conventionnelles

Le financement d’un cabinet dentaire repose principalement sur le prêt professionnel bancaire. Les banques spécialisées dans le financement des professions de santé (Bred, Banque Populaire, Caisse d’Épargne, Société Générale Santé) proposent des conditions spécifiques aux chirurgiens-dentistes, souvent avec des périodes de différé de remboursement le temps que l’activité monte en charge.

Le crédit-bail médical ou leasing est une alternative couramment utilisée pour les équipements lourds comme les fauteuils et les équipements de radiologie. Il permet de préserver la trésorerie initiale, de déduire les loyers du résultat imposable en société, et de bénéficier d’équipements récents sans immobilisation de capital. La contrepartie est l’absence de constitution d’un actif propre et l’existence de contraintes contractuelles sur la durée et les conditions de résiliation.

La convention nationale 2023-2028 prévoit des aides incitatives à l’installation dans les zones sous-dotées. La convention fixe notamment une valorisation des aides incitatives dans les zones très sous-dotées et une nouvelle méthodologie du zonage intégrant un gradient social de la population. Ces aides peuvent prendre la forme de primes à l’installation versées par l’Assurance Maladie. Il est fortement recommandé de contacter la CPAM du lieu d’exercice envisagé avant de finaliser le choix de la zone pour connaître les dispositifs en vigueur au moment du projet.


5. Les étapes dans l’ordre : le plan d’action complet

  1. Vérifier le zonage ARS de la zone envisagée. Consulter Cartosanté ou contacter l’ARS pour connaître le classement de la zone : sous-dotée, intermédiaire, très dotée ou non prioritaire. Ce classement conditionne la faisabilité du conventionnement et l’existence d’aides à l’installation.
  2. Obtenir son numéro RPPS et s’inscrire à l’Ordre. Enregistrer son diplôme auprès des autorités compétentes pour obtenir le numéro RPPS, puis constituer le dossier d’inscription au tableau du conseil départemental de l’Ordre.
  3. Choisir le statut juridique. Arbitrer entre exercice individuel, SELARL et SCP en fonction du volume d’activité envisagé, du souhait ou non d’associer un confrère, et de la logique de protection du patrimoine. Se faire accompagner par un expert-comptable spécialisé santé dès cette étape.
  4. Identifier et sécuriser le local. Vérifier la compatibilité du local avec les normes ERP (accessibilité PMR, circuit stérilisation, radioprotection), la faisabilité des travaux d’adaptation, et les conditions du bail ou de l’acquisition.
  5. Souscrire l’assurance RCP. L’assurance responsabilité civile professionnelle est obligatoire avant tout acte sur patient. Elle doit être souscrite auprès d’un assureur spécialisé en professions de santé avant l’ouverture.
  6. Créer la structure juridique. Pour une SELARL, rédiger les statuts en référence à l’ordonnance du 8 février 2023, les soumettre à l’approbation du conseil de l’Ordre, puis procéder à l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés.
  7. Financer les équipements. Déposer les dossiers de financement bancaire ou de crédit-bail pour les équipements médicaux. Préparer un prévisionnel d’activité crédible pour les établissements financeurs.
  8. S’inscrire à la CPAM et adhérer à la convention. Informer la CPAM du lieu d’exercice de l’installation et formaliser l’adhésion à la convention nationale des chirurgiens-dentistes.
  9. Réaliser les travaux et commander les équipements. Superviser les travaux d’aménagement en veillant au respect des normes PMR, d’hygiène et de radioprotection. Mettre en place les équipements dans l’ordre logique : stérilisation, fauteuil, imagerie, informatique.
  10. Obtenir l’autorisation d’ouverture. La commission départementale de sécurité et d’accessibilité vérifie la conformité des locaux avant l’ouverture effective au public.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Ne pas vérifier le zonage avant de lancer les travaux. Un praticien qui engage des travaux d’aménagement dans un local situé en zone non prioritaire, sans avoir identifié de successeur disponible, peut se retrouver avec un cabinet équipé et opérationnel mais sans possibilité d’obtenir un conventionnement à l’Assurance Maladie. Depuis le 1er janvier 2025, cette règle est stricte et les dérogations sont rares. Le seul cas permettant d’échapper à la régulation est d’avoir commencé les démarches (permis de construire, autorisation de travaux) avant l’entrée en vigueur du dispositif.

Choisir le statut juridique sans projection fiscale à 5 ans. Le choix entre exercice individuel et SELARL n’est pas un choix de confort administratif. Sur un volume d’honoraires de 300 000 à 400 000 euros annuels, la différence de charge fiscale entre un praticien imposé à l’IR en BNC et un gérant de SELARL optimisant sa rémunération peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros par an. Prendre ce choix sans simulation chiffrée réalisée par un expert-comptable spécialisé santé est une erreur dont les conséquences se cumulent sur toute la durée de l’exercice.

Sous-estimer les coûts de mise aux normes du local. Beaucoup de praticiens qui reprennent un local non dentaire sous-évaluent les travaux nécessaires à la mise en conformité ERP, au circuit stérilisation, à la radioprotection et à l’accessibilité PMR. Un chiffrage réalisé par un architecte spécialisé en aménagement de cabinets de santé, avant la signature du bail, permet d’éviter les mauvaises surprises. Le coût des travaux peut varier du simple au triple selon l’état initial des locaux.

Ne pas constituer de trésorerie de démarrage suffisante. La montée en charge d’un cabinet dentaire prend selon les estimations professionnelles du secteur plusieurs mois, parfois plus d’un an selon la zone et la notoriété du praticien. Pendant cette période, les charges fixes (loyer, leasing, salaire de l’assistante, assurances, remboursement d’emprunt) courent sans que le chiffre d’affaires soit au niveau cible. Une réserve de trésorerie permettant de couvrir 6 à 12 mois de charges fixes est une condition de survie, pas une précaution.

Rédiger les statuts de SEL sans les soumettre à l’Ordre avant immatriculation. L’approbation du conseil de l’Ordre est un préalable obligatoire à l’immatriculation d’une SEL au registre du commerce. Les praticiens qui tentent de court-circuiter cette étape ou qui déposent des statuts non conformes à l’ordonnance du 8 février 2023 se retrouvent bloqués dans leur processus de création, avec des délais supplémentaires et des frais de modification.

Vous lancez votre cabinet dentaire ?

Choisissez le bon statut juridique avec l’aide d’un expert-comptable spécialisé

Un premier échange pour comparer exercice individuel, SELARL et SCP sur la base de votre situation réelle.

Prendre rendez-vous

FAQ

Un chirurgien-dentiste peut-il ouvrir un cabinet dentaire sans être conventionné ? Oui. Un praticien non conventionné peut exercer légalement, mais ses honoraires ne sont remboursés aux patients qu’à des taux très faibles (fraction du tarif de référence de la Sécurité sociale, sans prise en charge complémentaire dans les conditions habituelles). Dans la très grande majorité des zones, l’exercice non conventionné représente un handicap commercial majeur. Le non-conventionnement peut être un choix délibéré dans certaines spécialités ou certains positionnements haut de gamme, mais rarement à l’installation.

Peut-on installer un cabinet dentaire dans un appartement ou en étage sans ascenseur ? L’installation en étage sans ascenseur est possible techniquement, mais elle génère une contrainte d’accessibilité PMR qui devra être gérée soit par une mise en conformité (installation d’un ascenseur), soit par une demande de dérogation motivée auprès de la commission de sécurité et d’accessibilité compétente. La dérogation n’est accordée qu’en cas d’impossibilité technique dûment justifiée par un professionnel (généralement un architecte), et ne supprime pas les obligations applicables sur les autres aspects de l’accessibilité.

Un praticien étudiant ou remplaçant peut-il créer son propre cabinet ? Non. La création d’un cabinet dentaire nécessite d’être titulaire du diplôme d’État et inscrit au tableau de l’Ordre. Un étudiant ou un remplaçant ne satisfait pas à ces conditions. La création ne peut intervenir qu’après l’obtention définitive du diplôme et l’inscription ordinale complète.

Quel délai faut-il prévoir entre la décision de s’installer et le premier patient ? Selon les estimations professionnelles du secteur, le délai moyen entre la décision de créer un cabinet et l’ouverture effective se situe entre 12 et 24 mois, selon la complexité des travaux, les délais d’approvisionnement en équipements, et les délais administratifs (création de la SEL, approbation ordinale, conventionnement). Dans les zones non prioritaires, la recherche d’un successeur disponible peut allonger ce délai de manière significative.

L’expert-comptable est-il indispensable dès la création ? Oui, en pratique. Un expert-comptable spécialisé dans les professions de santé intervient à trois niveaux critiques : le choix du statut juridique et la projection fiscale, la construction du prévisionnel d’activité pour les banques, et le paramétrage comptable adapté aux BNC ou à l’IS selon la structure choisie. Son coût est largement compensé par les économies fiscales réalisées dès la première année d’exercice.


Conclusion : créer un cabinet dentaire en 2026 demande de la méthode autant que de la technique clinique

L’installation en cabinet dentaire libéral est un projet entrepreneurial à part entière, avec ses contraintes réglementaires, ses arbitrages financiers et ses risques spécifiques. La réforme du conventionnement entrée en vigueur au 1er janvier 2025 a transformé une décision qui était principalement clinique et commerciale en une décision également géopolitique : le choix de la zone d’installation conditionne désormais l’accès au marché, les conditions de financement et l’existence d’aides publiques. Un praticien qui ignore cette dimension au moment de son installation risque de se retrouver avec un cabinet opérationnel mais sans accès au conventionnement.

Ce que vous devez retenir

Au 1er janvier 2025, 47 600 chirurgiens-dentistes sont en activité en France, avec une progression de 4,1 % en un an, ce qui intensifie la concurrence dans les zones urbaines denses et renforce la logique de la régulation du conventionnement dans les zones non prioritaires. Depuis le 1er janvier 2025, le conventionnement en zone non prioritaire est soumis à la règle du 1 pour 1 : vérifier le classement de la zone d’installation sur Cartosanté est la première action à mener, avant tout investissement ou signature de bail. Le choix entre exercice individuel, SELARL, SCP et SCM n’est pas une formalité administrative : c’est un arbitrage fiscal et patrimonial qui conditionne l’ensemble des revenus du praticien sur sa carrière, et il doit être réalisé avec l’appui d’un expert-comptable spécialisé santé. Le budget de démarrage d’un cabinet dentaire se situe selon les estimations professionnelles du secteur entre 200 000 et 500 000 euros selon la localisation et le niveau d’équipement, avec un poste équipements médicaux représentant 40 à 50 % du total. La création d’une SELARL impose l’approbation préalable des statuts par le conseil de l’Ordre avant toute immatriculation, conformément à l’ordonnance du 8 février 2023 qui constitue désormais la seule base juridique valide pour les SEL de chirurgiens-dentistes.

Votre projet de création est-il vraiment prêt ?

Avez-vous vérifié sur Cartosanté le classement actuel de votre zone d’installation envisagée et, si elle est non prioritaire, identifié un confrère cessant définitivement son activité et disposé à vous désigner comme successeur auprès de sa caisse d’assurance maladie ?

Avez-vous fait réaliser par un expert-comptable spécialisé santé une simulation comparative entre exercice individuel en BNC et SELARL, sur la base d’un prévisionnel d’honoraires à 3 et 5 ans, incluant la projection de la rémunération nette disponible après charges et impôts dans les deux scenarii ?

Votre budget de création intègre-t-il une trésorerie de démarrage suffisante pour couvrir au minimum 6 mois de charges fixes, distincte du budget d’équipement et des frais de constitution de la structure juridique ?

Notre cabinet accompagne les chirurgiens-dentistes dans le choix de leur structure juridique, la construction de leur prévisionnel d’installation et la préparation des dossiers bancaires. Contactez-nous pour un premier échange.

Notre expertise

Expert-comptable spécialisé médecins et dentistes

SECAB accompagne les chirurgiens-dentistes dans le choix de leur structure juridique, la construction de leur prévisionnel d’installation et la préparation de leurs dossiers bancaires.

Découvrir notre offre santé →

SECAB

Générateur de succès
Depuis plus de 25 ans, le groupe SECAB accompagne les entrepreneurs dans les domaines de l’expertise-comptable, du droit et de la gestion.
Changer de comptable en cours d’exercice

Changer de comptable en cours d’exercice

Changer d'expert-comptable en cours d'année : procédure, lettre type et coût réel Ce que vous devez savoir avant de commencer Changer d'expert-comptable en cours d'exercice est légalement possible à tout moment. Contrairement à une idée reçue, il n'est pas nécessaire...

Changer d’expert comptable

Changer d’expert comptable

Changer d'expert-comptable : quand, comment et sans perdre un document Ce que vous devez savoir avant de commencer Changer de cabinet n'est pas un échec, c'est souvent une mise à niveau. Une TPE qui passe le cap du million d'euros de chiffre d'affaires, embauche ses...

Céder son entreprise au meilleur prix

Céder son entreprise au meilleur prix

Vendre son entreprise : valorisation, négociation et optimisation fiscale de la cession Ce que vous devez savoir avant de commencer 62 % des cessions de PME françaises se font sans optimisation fiscale. Pour un dirigeant qui vend une entreprise valorisée 2 millions...

Tags