Kinésithérapeute libéral : BNC, SELARL ou SELAS, quel statut choisir en 2026
Ce que vous devez savoir avant de commencer
Les kinésithérapeutes libéraux représentent l’une des professions de santé les plus concernées par la question du statut juridique. Avec des honoraires moyens autour de 80 000 à 120 000 euros annuels pour un praticien installé, et des charges professionnelles significatives (loyer, matériel, cotisations CARPIMKO), la décision entre l’exercice en nom propre (BNC) et l’exercice en société (SELARL ou SELAS) a un impact financier direct de plusieurs milliers d’euros par an.
Deux ruptures récentes modifient l’analyse. Depuis la réponse ministérielle du 10 février 2026, la rémunération technique versée aux associés de SEL est désormais imposée en BNC et non plus en traitements et salaires, supprimant l’abattement de 10 % qui existait auparavant. Et l’ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, applicable depuis le 1er septembre 2024, a rénové intégralement le cadre des SEL : nouvelles règles de détention du capital, droit de retrait, ouverture à la SPFPL. Ces deux réformes modifient les simulations et imposent un audit actualisé avant toute décision.
Ce guide couvre l’ensemble des options disponibles pour un kinésithérapeute libéral en 2026 : BNC en nom propre (micro-BNC et déclaration contrôlée), SELARL, SELAS, SCP et SCM, avec les seuils de pertinence, les simulations chiffrées et la matrice de décision.
1. Le BNC en nom propre : la base de référence
Le micro-BNC : simple mais rarement optimal au-delà de deux ans
En tant que professionnel de santé en libéral, vous relevez du régime des bénéfices non commerciaux (BNC). Deux régimes d’imposition s’ouvrent alors à vous : le micro-BNC et la déclaration contrôlée.
Le micro-BNC s’applique automatiquement tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 euros HT (seuil 2026). Un abattement forfaitaire de 34 % est appliqué automatiquement sur vos recettes, sans comptabilité, tant que vos recettes restent sous ce seuil.
Pour un kinésithérapeute, ce seuil est souvent dépassé dès la deuxième ou troisième année d’installation. Et même en dessous, le micro-BNC est rarement avantageux : un kinésithérapeute réalisant 75 000 euros de recettes avec 30 000 euros de charges réelles (40 %) a une base imposable en micro-BNC de 49 500 euros (75 000 × 66 %). En déclaration contrôlée, elle est de 45 000 euros (75 000 − 30 000). La déclaration contrôlée est plus avantageuse de 4 500 euros de base imposable.
La déclaration contrôlée : le régime adapté à partir de 50 000 euros de recettes
La déclaration contrôlée (régime réel, liasse 2035) permet de déduire l’intégralité des charges professionnelles réelles. Les dépenses déductibles comprennent le loyer, le matériel, le véhicule, les cotisations. Ce régime est souvent gagnant dès que les frais sont significatifs.
Les charges déductibles spécifiques au kinésithérapeute sont les cotisations CARPIMKO (retraite obligatoire et complémentaire), les cotisations URSSAF PAMC, la RC professionnelle, le matériel de rééducation et les tables de massage, les frais de formation continue obligatoire, les abonnements de bibliothèque médicale et professionnelle, et les frais de déplacement à domicile.
Les cotisations sociales sont gérées par l’URSSAF au titre des praticiens et auxiliaires médicaux (PAMC), avec une prise en charge partielle par l’Assurance Maladie si vous êtes conventionné. Cette prise en charge partielle est un avantage spécifique des kinésithérapeutes conventionnés secteur 1 qui n’existe pas dans toutes les professions libérales : une partie des cotisations URSSAF PAMC est remboursée par la CPAM.
Le régime BNC : ses limites pour les revenus élevés
Le BNC est simple, peu coûteux (pas de frais de structure annuels), et adapté aux kinésithérapeutes en début d’installation ou avec des revenus modérés. Sa limite principale est la suivante : la totalité du bénéfice est taxée à l’IR au barème progressif, que vous l’ayez consommé ou non. Un kinésithérapeute qui génère 100 000 euros de bénéfice BNC est imposé sur 100 000 euros même s’il n’en consomme que 50 000 pour vivre.
C’est précisément ce mécanisme que la SELARL ou la SELAS permet de contourner : la société paie l’IS sur son résultat, et le praticien ne paie l’IR et les cotisations sociales que sur ce qu’il se verse effectivement.
2. La SELARL : la forme la plus répandue pour les kinés
Ce qu’est la SELARL pour un kinésithérapeute
La SELARL se distingue d’une société classique par une double contrainte : elle est soumise simultanément au droit des sociétés commerciales et aux règles déontologiques de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Ni la composition du capital ni les règles de cession des parts ne peuvent contourner les exigences ordinales.
En pratique, la majorité du capital et des droits de vote doit être détenue par des kinésithérapeutes en exercice dans la société ou par des SPFPL (Sociétés de Participations Financières de Professions Libérales) détenues elles-mêmes par des professionnels de santé. Cette contrainte de capital est une condition préalable à l’obtention de l’agrément de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, lui-même indispensable à l’immatriculation de la SELARL.
Le statut social en SELARL : gérant majoritaire TNS
En SELARL, le gérant majoritaire reste TNS, avec des cotisations assises sur sa rémunération. Les cotisations TNS représentent environ 45 % de la rémunération nette, moins élevées que les charges d’un assimilé salarié en SELAS (~82 % du salaire brut).
La rémunération technique en BNC depuis 2024 : l’impact de la réforme
Depuis la réponse ministérielle du 10 février 2026, la rémunération versée aux associés de SEL est désormais imposée en BNC (et non plus en traitements et salaires). Les bénéfices conservés en société restent imposés à l’IS (15 % puis 25 %), ce qui constitue toujours l’intérêt principal de la SEL pour les professionnels à revenus élevés.
Ce changement supprime l’abattement forfaitaire de 10 % qui s’appliquait auparavant à la rémunération des associés de SEL déclarée en traitements et salaires. Sur une rémunération de 80 000 euros, l’abattement de 10 % représentait 8 000 euros de base imposable économisée, soit environ 3 280 euros d’IR à TMI 41 %. Cette économie est désormais supprimée et le coût de la SELARL doit être recalculé en intégrant cette nouvelle donne.
La règle des dividendes : le seuil des 10 % du capital
En SEL, les dividendes au-delà de 10 % du capital sont soumis à cotisations. En SELARL avec gérant majoritaire TNS, les dividendes dépassant 10 % du capital social + primes d’émission + compte courant moyen sont soumis aux cotisations TNS de 45 %. Pour une SELARL avec un capital de 5 000 euros, seuls 500 euros de dividendes échappent aux cotisations.
Cette règle impose soit d’augmenter significativement le capital social, soit d’alimenter le compte courant d’associé, pour élargir la fraction de dividendes exonérée de cotisations TNS.
3. La SELAS : pour qui et pourquoi
Le statut assimilé salarié en SELAS
En SELAS, le président est assimilé salarié, avec des cotisations plus lourdes mais une couverture renforcée. Les charges représentent environ 82 % du salaire brut. Pour une rémunération nette identique, le coût total pour la SELAS est significativement plus élevé qu’en SELARL.
En revanche, la SELAS offre deux avantages spécifiques. Les dividendes ne génèrent aucune cotisation sociale en SELAS (comme en SAS ordinaire), quelle que soit leur montant et indépendamment du niveau du capital. Pour un kinésithérapeute souhaitant distribuer des dividendes importants après avoir capitalisé dans la société, la SELAS est donc structurellement plus avantageuse que la SELARL dès lors que les dividendes représentent une part significative de la rémunération globale.
La SELAS offre également une protection sociale supérieure (retraite complémentaire AGIRC-ARRCO plus favorable, couverture maladie-maternité plus protectrice), ce qui peut être un argument important pour un kinésithérapeute dont la profession est physiquement exigeante.
La SELAS versus SELARL : la règle de décision
La SELAS devient plus avantageuse que la SELARL dès lors que la stratégie de rémunération inclut des dividendes représentant plus de 30 à 40 % de la rémunération totale. En dessous de ce seuil, les cotisations TNS inférieures de la SELARL l’emportent. Au-delà, l’absence de cotisations sociales sur les dividendes en SELAS compense le surcoût des charges patronales sur le salaire.
4. Les autres structures : SCM et SCP
La SCM : partager des frais sans exercer ensemble
La Société Civile de Moyens (SCM) permet à plusieurs kinésithérapeutes de mutualiser leurs frais (loyer, matériel, secrétariat) sans mettre en commun leurs recettes. Chaque associé garde son propre exercice en BNC ou en SEL et déclare ses revenus séparément. La SCM n’est pas imposée directement : chaque associé est imposé individuellement sur sa quote-part de charges.
Si votre objectif est uniquement de partager un cabinet et ses frais avec des confrères, une SCM suffit souvent, en gardant chacun son exercice en nom propre. Réservez la SEL aux vrais projets d’exercice en commun, avec mise en commun des recettes et de la patientèle. Cette distinction évite une erreur classique : monter une SEL lourde et coûteuse là où une simple SCM aurait répondu au besoin.
La SCP : exercer ensemble en partageant les recettes
La Société Civile Professionnelle (SCP) permet à plusieurs kinésithérapeutes d’exercer en commun en partageant les honoraires et les charges. Contrairement à la SEL, la SCP est fiscalement transparente : les bénéfices sont imposés directement entre les mains des associés dans la catégorie BNC, sans IS intermédiaire. Elle est adaptée aux associations de kinésithérapeutes qui souhaitent exercer collectivement sans créer une structure soumise à l’IS.
5. La simulation chiffrée : BNC versus SELARL
Pour un kinésithérapeute avec 100 000 euros de recettes et 30 000 euros de charges
En BNC, déclaration contrôlée :
Bénéfice imposable = 100 000 − 30 000 (charges) = 70 000 euros. Cotisations URSSAF PAMC sur 70 000 euros (estimées à environ 23 000 euros selon le barème PAMC). Revenu imposable net de cotisations = 70 000 − 23 000 = 47 000 euros. IR à TMI 30 % sur 47 000 euros = environ 14 100 euros. Revenu disponible ≈ 32 900 euros.
En SELARL (rémunération pilotée à 50 000 euros) :
Bénéfice société avant rémunération = 70 000 euros. Rémunération gérant = 50 000 euros (charge déductible). Résultat imposable à l’IS = 20 000 euros. IS = 15 % × 20 000 = 3 000 euros. Bénéfice net après IS = 17 000 euros (distribuable en dividendes ou capitalisé). Cotisations TNS sur 50 000 euros nets ≈ 22 500 euros. IR sur 50 000 euros = environ 11 500 euros. Si dividendes de 10 000 euros (≤ 10 % du capital si capital ≥ 100 000 euros) : flat tax 31,4 % = 3 140 euros. Revenu disponible ≈ 50 000 − 22 500 − 11 500 + 10 000 − 3 140 = 22 860 euros + 7 000 euros capitalisés = 29 860 euros + économie IS.
Cette simulation simplifiée illustre que pour 100 000 euros de recettes, la SELARL commence à être pertinente mais l’avantage reste modeste. La pertinence croît significativement à partir de 130 000 à 150 000 euros de recettes.
6. Le seuil de pertinence de la SELARL pour un kinésithérapeute
Le seuil économique réel : 130 000 à 150 000 euros de recettes
Le régime des BNC convient aux professions libérales avec peu de charges, et la SELARL aux praticiens qui ont des revenus élevés et recherchent une bonne protection patrimoniale.
En intégrant les frais de structure annuels de la SELARL (comptabilité, banque, formalités, assurance), estimés entre 2 500 et 5 000 euros par an, le passage en SELARL devient financièrement pertinent à partir d’un bénéfice BNC supérieur à 80 000 à 100 000 euros net de charges, et clairement avantageux à partir de 130 000 euros de recettes annuelles pour un kinésithérapeute dont le besoin de rémunération personnelle se situe entre 50 000 et 70 000 euros.
En dessous de ces seuils, les frais de structure de la SELARL absorbent les économies fiscales. Un kinésithérapeute qui démarre son activité ou qui exerce à temps partiel aura presque toujours intérêt à rester en BNC pendant ses premières années.
L’horizon d’exercice : 8 à 10 ans minimum
L’horizon d’exercice est un facteur décisif. Une SELARL créée 3 ans avant la retraite ne permet pas d’amortir les frais de création (1 500 à 3 500 euros), les frais annuels de fonctionnement, et la fiscalité de dissolution. Le seuil minimal d’horizon est de 8 à 10 ans pour que le montage soit réellement avantageux sur la durée.
7. L’agrément de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes : la formalité préalable
Une étape obligatoire avant l’immatriculation
La SELARL requiert un agrément obligatoire de l’Ordre professionnel compétent (Ordre des masseurs-kinésithérapeutes) avant toute immatriculation. La majorité du capital et des droits de vote doit être détenue par des membres de la profession concernée.
La procédure d’agrément comprend le dépôt d’un dossier complet auprès du Conseil Départemental de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes, incluant les statuts de la SELARL, la liste des associés avec leur proportion de détention, et les justificatifs de qualification professionnelle. Le délai de traitement est généralement de 2 à 4 semaines. Sans agrément, l’immatriculation au greffe est refusée.
Les frais de création d’une SELARL pour un kinésithérapeute
Les frais de création d’une SELARL pour une profession de santé libérale se situent entre 1 500 et 3 500 euros HT, comprenant les honoraires d’avocat ou d’expert-comptable pour la rédaction des statuts (1 000 à 2 500 euros HT), les frais de greffe (environ 250 euros) et les frais administratifs de l’Ordre professionnel (environ 150 euros). À ces frais one-shot s’ajoutent des coûts de fonctionnement annuels de 2 500 à 5 000 euros HT minimum.
8. La SPFPL : le niveau supérieur pour les revenus très élevés
Quand interposer une holding entre le kinésithérapeute et sa SELARL
La SPFPL (Société de Participations Financières de Professions Libérales) est une holding qui détient les parts de la SELARL et permet de réinvestir les dividendes en quasi-exonération d’IS via le régime mère-fille. Arbitrer en faveur d’une petite rémunération et de gros dividendes peut sembler avantageux, mais cela réduit votre protection sociale et vos droits à la retraite. La SPFPL doit donc être envisagée uniquement dans un projet de réinvestissement structuré (rachat de parts d’une autre SEL, financement d’un cabinet secondaire, investissement immobilier professionnel) et non comme un simple outil d’optimisation fiscale passive.
Le seuil de pertinence d’une SPFPL pour un kinésithérapeute est un bénéfice SEL supérieur à 150 000 euros et un projet de réinvestissement professionnel structuré sur 7 à 10 ans.
Les erreurs les plus fréquentes dans le choix du statut d’un kinésithérapeute
Créer une SELARL trop tôt dans la carrière. La SELARL n’est rentable qu’à partir d’un certain niveau de recettes et d’un horizon d’exercice suffisant. Un kinésithérapeute qui crée une SELARL à 80 000 euros de recettes avec 5 ans avant la retraite paiera des frais de structure supérieurs aux économies fiscales générées.
Confondre SCM et SEL. La SCM permet de partager des frais, la SEL permet d’exercer ensemble en partageant les recettes. Monter une SEL lourde et coûteuse là où une simple SCM aurait répondu au besoin est une erreur fréquente.
Ignorer la suppression de l’abattement de 10 % depuis 2024. La rémunération technique en SEL est désormais imposée en BNC sans abattement. Les simulations réalisées avant cette réforme surestiment l’avantage de la SELARL.
Optimiser à courte vue en réduisant trop la rémunération. L’optimisation à courte vue se paie souvent plus tard. Une rémunération faible allège les cotisations à court terme, mais réduit les droits futurs à la retraite CARPIMKO et en prévoyance.
FAQ
Un kinésithérapeute salarié peut-il créer une SELARL en parallèle ?
Oui. Un kinésithérapeute exerçant une activité salariée (en clinique ou en cabinet de groupe salarié) peut créer une SELARL pour son activité libérale complémentaire. La SELARL exercera uniquement l’activité libérale, distincte de l’activité salariée. Les deux sources de revenus seront déclarées séparément.
La SELARL est-elle compatible avec l’exercice en secteur 2 ou 3 ?
Oui. La SELARL peut exercer en secteur 1, secteur 2 ou secteur 3 (hors convention) selon les choix conventionnels du kinésithérapeute associé. Le choix du secteur conventionnel appartient au praticien, pas à la société.
Peut-on créer une SELARL à plusieurs kinésithérapeutes associés ?
Oui. C’est même l’un des cas d’usage les plus pertinents : plusieurs kinésithérapeutes qui souhaitent exercer ensemble peuvent créer une SELARL commune en mettant en commun leurs recettes. Chaque associé est rémunéré par la société pour son activité technique et peut percevoir des dividendes sur sa quote-part de capital. Cette structure est différente de la SCM qui ne met en commun que les frais.
Comment passer du BNC à la SELARL ?
Il est possible de créer une SELARL en cours d’exercice et d’y apporter son activité libérale. La procédure comprend la création de la SELARL (statuts, agrément Ordre, immatriculation), l’apport du fonds libéral (patientèle, droit au bail, matériel), la cessation d’activité en nom propre et la déclaration fiscale de passage en société. La date optimale est le 1er janvier pour éviter une année fiscale mixte complexe.
Conclusion : pour un kinésithérapeute, la SELARL devient intéressante à partir de 130 000 euros de recettes avec un horizon de 8 à 10 ans
Le BNC reste la solution de référence pour les kinésithérapeutes en début d’installation, en activité partielle ou dont l’horizon de retraite est inférieur à 8 ans. La SELARL devient clairement avantageuse à partir de 130 000 à 150 000 euros de recettes annuelles avec un besoin de rémunération de 50 à 70 000 euros, un horizon d’exercice suffisant, et un projet de capitalisation ou de réinvestissement structuré. La SELAS est une alternative pertinente pour les kinésithérapeutes qui souhaitent distribuer des dividendes importants sans cotisations sociales ou qui valorisent une meilleure couverture sociale.
Ce que vous devez retenir
Le BNC est imposé directement à l’IR sur la totalité du bénéfice, cotisations URSSAF PAMC incluses, avec une prise en charge partielle par la CPAM pour les kinésithérapeutes conventionnés. La SELARL permet de piloter sa rémunération et de laisser le solde des bénéfices dans la société imposé uniquement à l’IS (15 % puis 25 %), générant un avantage fiscal croissant avec le niveau de recettes. Depuis le 1er janvier 2024, la rémunération technique des associés de SEL est imposée en BNC et non plus en traitements et salaires : l’abattement de 10 % a disparu, ce qui réduit légèrement l’avantage de la SEL. En SELARL, les dividendes au-delà de 10 % du capital + comptes courants sont soumis aux cotisations TNS : la règle est identique à celle de la SARL. La SELAS évite les cotisations sociales sur les dividendes mais génère des charges plus élevées sur la rémunération que la SELARL. La création d’une SELARL coûte entre 1 500 et 3 500 euros avec des frais annuels de 2 500 à 5 000 euros : le seuil de pertinence économique est autour de 130 000 euros de recettes annuelles.
Votre situation justifie-t-elle vraiment le passage en SELARL ?
Avez-vous réalisé une simulation chiffrée comparant votre BNC actuel et une SELARL sur 5 ans minimum, en intégrant les frais de structure annuels (2 500 à 5 000 euros), l’impact de la suppression de l’abattement de 10 % sur la rémunération technique depuis 2024, et l’impact sur vos droits à la retraite CARPIMKO selon le niveau de rémunération envisagé dans la SELARL ?
Si votre horizon d’exercice est inférieur à 8 ans avant la retraite, avez-vous modélisé le coût de dissolution de la SELARL (frais de liquidation, fiscalité de sortie sur les actifs accumulés) pour vérifier que le bilan global du passage en société reste positif sur la durée totale d’exercice restante ?
Avez-vous clairement identifié si votre objectif est de partager un cabinet et ses frais (auquel cas une SCM suffit et est moins coûteuse) ou d’exercer collectivement en mettant en commun les recettes et la patientèle (auquel cas la SELARL multi-associés est la structure adaptée) ?
Notre cabinet accompagne les kinésithérapeutes libéraux dans la simulation BNC versus SELARL, la création de leur société d’exercice libéral et l’optimisation de leur stratégie de rémunération. Contactez-nous pour un premier échange.




