Ouvrir sa boulangerie
26/06/2026

Business plan d’une boulangerie : structure, ratios clés et ce que les banques regardent vraiment

Ce que vous devez savoir avant de commencer

Le chiffre d’affaires de la filière boulangerie-pâtisserie a progressé de 1,6 % en 2024, après deux années d’inflation sévère sur l’énergie et les matières premières. Mais derrière cette croissance apparente se cache une réalité préoccupante : en 2024, une boulangerie sur quatre a terminé l’année déficitaire, selon une étude conduite par la Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie avec la Banque de France sur la période 2018-2024. Sur chaque tranche de 100 euros encaissés, 76 euros couvrent les achats de matières premières, l’énergie et les marchandises. Des 24 euros restants, les deux tiers partent en salaires et charges sociales. Le résultat net se situe entre 3 et 4 euros.

C’est dans ce contexte que les banques lisent un business plan de boulangerie. Elles connaissent ces chiffres mieux que vous. Un dossier qui présente des hypothèses déconnectées de cette réalité sectorielle sera écarté avant même que la qualité du projet ne soit évaluée. Ce guide couvre la structure complète d’un business plan de boulangerie convaincant : les hypothèses financières à construire, les ratios que votre banquier vérifiera, la méthode bottom-up pour le chiffre d’affaires, et les erreurs qui font rejeter les dossiers.


1. Ce qu’un business plan de boulangerie doit vraiment démontrer

Un document analytique, pas un projet de vie

Un business plan n’est pas la narration de votre passion pour la boulange. C’est un document analytique qui doit répondre à quatre questions précises qu’un chargé de clientèle se pose dès les premières pages.

QuestionCe que le banquier cherche
Le marché local est-il suffisant ?Une analyse de zone précise, pas des données nationales
Le porteur a-t-il les compétences ?CAP Boulanger ou 3 ans d’expérience documentés
Les hypothèses financières tiennent-elles ?Des ratios cohérents avec les normes sectorielles
La structure de financement est-elle solide ?Un apport minimum de 20 à 30 % et une trésorerie de démarrage intégrée

La boulangerie est l’un des rares secteurs où la qualification professionnelle est une condition légale d’exercice. Pour ouvrir une boulangerie et utiliser l’appellation « artisan boulanger », vous devez impérativement détenir un CAP Boulanger ou justifier d’une expérience professionnelle d’au moins 3 ans dans le métier. Un banquier qui voit un business plan sans justification de qualification sait immédiatement que le porteur de projet n’a pas mesuré les contraintes réelles du secteur.

Le profil du porteur : le premier filtre bancaire

Avant d’analyser les chiffres, la banque analyse le profil. Dans la boulangerie, la double compétence technique et commerciale est déterminante. Un boulanger expérimenté qui rachète une boutique rassure immédiatement sur sa capacité à gérer la production. Un porteur de projet sans expérience en vente directe devra compenser par l’association avec un gérant commercial ou une formation spécifique en gestion. La section consacrée au porteur doit être factuelle, précise, et mettre en avant les expériences directement pertinentes pour l’exploitation d’une boulangerie.


2. La structure du business plan : les sept parties indispensables

La présentation du projet et du concept

Deux pages maximum. Elle décrit l’offre en termes opérationnels : gamme de produits (pain traditionnel, pains spéciaux, viennoiseries, pâtisseries, snacking), amplitude horaire, format du point de vente, nombre d’employés prévus au démarrage. La tendance au développement du snacking dans les boulangeries artisanales est documentée : les clés du succès reposent sur une maîtrise rigoureuse des coûts et le développement de services à forte valeur ajoutée comme le snacking et le traiteur. Si votre concept intègre cette dimension, le business plan doit en chiffrer l’impact sur le ticket moyen et la répartition du chiffre d’affaires.

L’étude de marché locale

L’erreur la plus fréquente est de produire une analyse du marché national de la boulangerie sans ancrage local. Ce que la banque veut, c’est une analyse précise de votre zone : flux piétons à l’emplacement visé, concurrence directe (boulangeries artisanales, terminaux de cuisson, grandes surfaces), profil démographique du quartier (familles, bureaux, touristes), et distance aux concurrents les plus proches.

L’emplacement demeure le facteur n°1 de réussite d’une boulangerie. Un excellent artisan dans un mauvais emplacement peinera à atteindre la rentabilité, tandis qu’une boulangerie moyenne dans un emplacement premium génèrera des résultats confortables. Cette réalité doit transparaître dans l’étude de marché : si l’emplacement n’est pas démontré comme stratégique, le reste du dossier est fragilisé.

La stratégie commerciale

Elle couvre la politique tarifaire (prix du pain, des viennoiseries, du snacking), la communication au lancement, et les canaux de fidélisation. Dans la boulangerie artisanale, la stratégie commerciale repose d’abord sur l’offre elle-même : qualité des matières premières, originalité de la gamme, service client, horaires adaptés. Elle doit également indiquer comment le porteur de projet compte attirer rapidement une clientèle de passage et la fidéliser, car les premières semaines sont décisives pour l’ancrage local d’une boulangerie.

Les moyens humains et matériels

Cette section détaille le matériel de production (four à sole ou four à chariot, pétrin, chambre de pousse, réfrigération), le matériel de vente (vitrine réfrigérée, caisse enregistreuse, terminal de paiement), l’aménagement du laboratoire et de la boutique, et l’organisation humaine. La boulangerie est un secteur à fortes contraintes horaires : le fournil commence souvent entre 2h et 4h du matin. L’organisation du personnel et la répartition des postes (boulanger de nuit, vendeur de jour, polyvalent) doivent être présentées de façon réaliste.

La structure juridique

Le régime de l’auto-entrepreneur n’est pas approprié pour ouvrir une boulangerie car le montant du chiffre d’affaires est plafonné. De plus, vous ne pourrez pas déduire de votre chiffre d’affaires les charges auxquelles vous devez faire face. Les formes juridiques pertinentes pour une boulangerie artisanale sont l’entreprise individuelle au régime réel, la SARL ou l’EURL pour les projets avec un ou plusieurs associés ou une ambition de développement, et la SAS ou la SASU pour les porteurs qui souhaitent le statut d’assimilé salarié avec une protection sociale plus étendue.

La SARL est particulièrement adaptée aux entreprises familiales : le patrimoine privé du dirigeant est protégé en cas de faillite, et la boulangerie en SARL ou EURL est assujettie à l’impôt sur les sociétés. Le statut de SAS est idéal lorsque la structure s’articule autour de plusieurs associés ou lorsque l’arrivée de nouveaux actionnaires est envisagée.

Les tableaux financiers prévisionnels

C’est la section centrale. Elle comprend le compte de résultat prévisionnel sur 3 ans, le plan de trésorerie mensuel sur 12 mois, le plan de financement initial, et le calcul du seuil de rentabilité. Chaque chiffre doit être défendable à l’oral face au banquier.

L’analyse des risques

Souvent absente des dossiers, c’est pourtant l’une des sections qui rassure le plus. Dans la boulangerie, les risques spécifiques à identifier sont : la dépendance à l’emplacement (travaux de voirie, fermeture de commerce voisin), la hausse des matières premières, la difficulté de recrutement d’un boulanger qualifié, la panne d’un équipement de production critique, et la montée en puissance plus lente que prévu de la clientèle.


3. Les ratios clés que les banques scrutent

Les cinq indicateurs vérifiés systématiquement

Les chargés de clientèle spécialisés en commerce et artisanat ont des grilles de lecture précises pour la boulangerie. Voici les indicateurs qu’ils vérifient en priorité.

IndicateurCible saineSignal d’alerteInterprétation banque
Matières premières / CA HT25 à 30 %> 33 %Achats non maîtrisés ou prix de vente trop bas
Masse salariale / CA HT30 à 40 %> 45 %Structure trop lourde pour le volume d’activité
Énergie / CA HT4 à 6 %> 8 %Four sous-optimisé ou consommation non contrôlée
Loyer / CA HT< 10 %> 12 %Local trop cher pour le projet
Marge nette après IS3 à 8 %< 2 %Modèle sous tension structurelle

Sources : Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie / Banque de France 2024, estimations professionnelles du secteur.

Les matières premières : le poste le plus surveillé en 2026

Le prix du beurre est passé de 4 000 euros par tonne en 2023 à plus de 8 000 euros fin 2024. Le lait et le cacao ont également connu de fortes augmentations fin 2024. La farine a progressé de 7 % en 2024 selon FranceAgriMer. Un business plan rédigé en 2026 doit intégrer ces hausses dans ses hypothèses d’achats. Présenter un taux de matières premières de 22 % alors que les prix des intrants ont explosé depuis deux ans signale immédiatement un manque de connaissance du secteur.

Les matières premières représentent 25 à 29 % du chiffre d’affaires dans une boulangerie bien gérée. Ce chiffre doit être votre référence dans le prévisionnel. Au-delà de 33 %, la banque considérera que le modèle est sous tension, sauf explication convaincante liée au positionnement haut de gamme des matières utilisées.

La masse salariale : la charge la plus lourde et la plus difficile à ajuster

La masse salariale varie entre 30 % et 40 % du CA selon la taille de l’établissement. Dans les établissements performants, l’EBE peut atteindre environ 25 %, ce qui montre qu’une organisation efficace du travail a un impact direct sur la performance financière.

La boulangerie est l’un des secteurs les plus exigeants en main-d’oeuvre : les horaires de nuit, les majorations conventionnelles, les heures du dimanche et des jours fériés s’accumulent rapidement. Un business plan qui ne détaille pas précisément l’organisation des postes (nombre d’heures par type de contrat, majorations applicables selon la convention collective nationale de la boulangerie-pâtisserie artisanale) ne sera pas considéré comme sérieux.

Le loyer : le ratio qui conditionne la viabilité

Le ratio loyer sur CA est le premier chiffre qu’un banquier calcule mentalement en lisant un dossier de boulangerie. Une localisation judicieuse implique un loyer maintenu sous 12 % du CA. Pour une boulangerie dont le loyer mensuel est de 2 500 euros, le chiffre d’affaires annuel minimum pour respecter ce ratio est de 250 000 euros HT. Si la capacité de production et la zone de chalandise ne permettent pas d’atteindre ce niveau, le local est trop cher pour le projet.

Un loyer trop élevé est la première cause d’échec des boulangeries qui ferment dans les trois premières années. Il ne peut pas être réduit en cas de baisse d’activité, contrairement aux achats ou aux heures de personnel. La décision d’emplacement est donc aussi une décision financière irréversible.


4. Construire le prévisionnel financier : la méthode bottom-up

Construire le CA à partir de la capacité productive réelle

La méthode crédible aux yeux d’une banque est la méthode bottom-up : partir de la capacité réelle de production et de la zone de chalandise pour calculer un CA atteignable, et non partir d’un revenu souhaité pour justifier les hypothèses en sens inverse.

Pour une boulangerie, le CA se construit à partir de trois variables : le nombre de clients par jour (estimé à partir des flux piétons observés sur l’emplacement), le ticket moyen (en distinguant les acheteurs de pain seul, les clients qui ajoutent une viennoiserie, et les acheteurs de snacking), et le nombre de jours d’ouverture par an.

HypothèseCalculRésultat
Clients par jour (6 jours sur 7)Estimation flux piéton × taux de conversion180 clients/jour
Ticket moyen HTPain + viennoiserie + boisson4,80 €
CA journalier HT180 × 4,80 €864 €
CA annuel estimé (310 jours ouverts)864 € × 310 jours~268 000 € HT

Ce raisonnement est vérifiable hypothèse par hypothèse. Il permet également de calibrer la montée en puissance : en année 1, un taux de conversion de 60 % sur le flux piéton est une hypothèse prudente mais défendable. En années 2 et 3, la fidélisation progresse et le ticket moyen augmente avec l’élargissement de la gamme snacking.

Les taux d’activité réalistes par année

AnnéeNiveau d’activité cibleCA annuel estimé (base 268 000 €)
Année 170 %~188 000 € HT
Année 285 %~228 000 € HT
Année 395 à 100 %~255 000 à 268 000 € HT

Ne jamais projeter un taux de 100 % dès les premiers mois. La montée en puissance d’une boulangerie artisanale prend du temps : il faut entre 3 et 6 mois pour installer une habitude d’achat dans la clientèle de proximité.

Le plan de trésorerie mensuel : le document le plus scruté

Le compte de résultat dit si votre boulangerie sera rentable. Le plan de trésorerie dit si elle sera encore ouverte pour y arriver. Ce sont deux documents distincts et les banques exigent les deux. Le plan de trésorerie mensuel sur 12 mois retrace tous les encaissements et décaissements : CA TTC encaissé (attention, la TVA collectée ne vous appartient pas), paiement des fournisseurs de matières premières, salaires et charges sociales, loyer, remboursements d’emprunt, TVA à reverser, et charges ponctuelles trimestrielles ou annuelles.

Un plan de trésorerie qui montre un solde négatif au deuxième ou troisième mois est un signal d’alerte rédhibitoire pour un banquier. C’est souvent là que les dossiers sont refusés, pas sur le concept ou le potentiel de la zone.

La trésorerie de démarrage : le poste que personne ne veut financer

Une boulangerie met en moyenne 4 à 6 mois pour atteindre son régime de croisière. Pendant cette période, les charges fixes courent sans que le CA soit au niveau cible. La règle absolue est de disposer d’au moins 3 à 4 mois de charges fixes en trésorerie le jour de l’ouverture, en dehors de l’investissement en équipements.

Charges fixes mensuellesTrésorerie de démarrage requise
8 000 €24 000 à 32 000 €
12 000 €36 000 à 48 000 €
18 000 €54 000 à 72 000 €

Cette trésorerie ne finance rien de visible, ce qui explique qu’elle disparaisse systématiquement des plans de financement des dossiers mal préparés. C’est pourtant elle qui fait la différence entre une boulangerie qui traverse les premiers mois difficiles et une boulangerie qui ferme avant son premier anniversaire.


5. Le plan de financement : les options disponibles

L’investissement initial selon le profil de projet

Ouvrir une boulangerie en France nécessite un budget minimum de 50 000 à 80 000 euros pour un équipement basique fonctionnel, hors achat du fonds de commerce. En pratique, les projets de création complète incluant l’acquisition ou la reprise d’un fonds de commerce, les travaux d’aménagement et le matériel neuf se situent bien au-delà.

PosteFourchette basseFourchette hauteNature
Fonds de commerce (reprise) ou droit au bail30 000 €200 000 €One-shot
Travaux d’aménagement laboratoire et boutique20 000 €80 000 €One-shot
Four(s) professionnel(s)15 000 €60 000 €One-shot ou leasing
Pétrin, chambre de pousse, matériel de production10 000 €40 000 €One-shot ou leasing
Matériel de vente et vitrine5 000 €20 000 €One-shot
Stock initial de matières premières3 000 €8 000 €One-shot
Trésorerie de démarrage24 000 €72 000 €Réserve

Source : estimations professionnelles du secteur, données Keobiz, Innovorder et Mae-Innovation 2025-2026.

L’apport personnel et les dispositifs complémentaires

Pour obtenir votre crédit professionnel, vous devrez disposer d’un apport représentant au moins 20 % du budget total. Pour un investissement de 150 000 euros, prévoyez donc un apport de 30 000 à 45 000 euros.

Plusieurs dispositifs peuvent compléter cet apport. Le prêt d’honneur s’adresse aux créateurs ou repreneurs d’entreprise qui disposent d’un projet solide. Il est sans garantie et sans intérêt, généralement accordé par des réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre, pour des montants allant de 5 000 à 50 000 euros. Le prêt meunier est une spécificité de la boulangerie : certains meuniers proposent des financements à leurs clients boulangers, parfois assortis d’un engagement d’approvisionnement exclusif dont il faut évaluer précisément l’impact sur les conditions d’achat à long terme. La garantie Bpifrance peut couvrir jusqu’à 60 % du prêt bancaire, ce qui réduit significativement le risque perçu par la banque et améliore les conditions de taux.


6. Les étapes pour construire votre business plan dans l’ordre

  1. Définir le concept et l’emplacement. Le choix de l’emplacement précède la construction du prévisionnel. Sans données réelles sur le flux piéton et la concurrence locale, le CA prévisionnel est une fiction.
  2. Vérifier et documenter la qualification. CAP Boulanger ou 3 ans d’expérience : ce justificatif doit figurer dans le dossier dès la première page.
  3. Réaliser l’étude de marché locale. Comptage manuel des flux piétons, analyse de la concurrence directe, évaluation du potentiel de la zone de chalandise.
  4. Choisir la structure juridique. EURL, SARL ou SASU selon la configuration du projet (seul ou en association, logique TNS ou assimilé salarié). Se faire accompagner par un expert-comptable dès cette étape.
  5. Construire le CA prévisionnel bottom-up. Partir du nombre de clients par jour estimé, multiplier par le ticket moyen, appliquer les taux d’activité réalistes par année.
  6. Détailler les charges poste par poste. Matières premières au taux réel 2026 (beurre, farine, lait), masse salariale avec les majorations de la convention collective boulangerie-pâtisserie, énergie, loyer, assurances.
  7. Calculer le seuil de rentabilité. Charges fixes divisées par le taux de marge sur coûts variables. Exprimer le résultat en chiffre d’affaires mensuel minimum et en nombre de clients par jour.
  8. Construire le plan de trésorerie mensuel. Mois par mois sur 12 mois, avec la TVA, les décalages de paiement fournisseurs et les charges ponctuelles.
  9. Définir le plan de financement. Apport personnel, prêt bancaire principal, crédit-bail pour le matériel lourd, prêt meunier ou prêt d’honneur si applicable, trésorerie de démarrage distincte.
  10. Faire relire par un expert-comptable spécialisé avant tout rendez-vous bancaire.

Les erreurs qui font rejeter les dossiers

Surestimer le ticket moyen ou le flux de clientèle sans observation terrain. Un business plan qui projette 250 clients par jour dans une rue semi-passante sans données observées signale immédiatement un manque de rigueur. Le banquier connaît les moyennes du secteur et compare.

Ne pas intégrer les hausses de matières premières dans les hypothèses d’achats. Présenter un taux de matières premières de 20 % alors que le beurre a doublé de prix depuis 2023 et que la farine a progressé de 7 % en 2024 rend le prévisionnel incrédible. Les hypothèses d’achats doivent être construites sur les prix réels constatés, pas sur des données historiques antérieures aux crises inflationnistes.

Oublier la trésorerie de démarrage dans le plan de financement. Un plan de financement qui couvre l’investissement en matériel mais pas les 3 à 4 premiers mois de charges fixes présente un risque de rupture de trésorerie dès le lancement. La banque identifie cette lacune immédiatement.

Ne pas inclure la rémunération du dirigeant dans les charges. Un business plan qui présente un boulanger dont l’entreprise dégage 40 000 euros de résultat net sans rémunération du gérant produit une rentabilité fictive. Si la boulangerie ne peut pas payer son dirigeant à un niveau de vie décent, le modèle n’est pas viable.

Présenter un taux d’énergie sous-estimé. Avec l’augmentation du coût de l’électricité, les boulangers sont incités à installer des panneaux photovoltaïques. Un four de boulangerie est l’un des équipements les plus énergivores de l’artisanat alimentaire. Intégrer 4 à 6 % du CA en charges d’énergie est le minimum crédible dans un prévisionnel 2026.


FAQ

Un boulanger peut-il s’installer en micro-entreprise ?
Techniquement oui, mais en pratique non pour une boulangerie à plein temps. La micro-entreprise n’est pas appropriée car le montant du chiffre d’affaires est plafonné et vous ne pouvez pas déduire vos charges. Pour une boulangerie dont les achats de matières premières représentent 25 à 30 % du CA, l’impossibilité de déduire ces charges génère une imposition sur la totalité du CA plutôt que sur le bénéfice réel, ce qui rend rapidement le statut pénalisant.

Faut-il un CAP Boulanger pour ouvrir une boulangerie ?
Pour ouvrir une boulangerie et utiliser l’appellation « artisan boulanger », il faut impérativement détenir un CAP Boulanger ou justifier d’une expérience professionnelle d’au moins 3 ans dans le métier. Sans cette qualification, l’enseigne « boulangerie » ne peut pas être utilisée, ce qui constitue un handicap commercial majeur.

Quelle est la durée de financement habituelle pour une boulangerie ?
Les prêts professionnels pour l’ouverture ou la reprise d’une boulangerie sont généralement accordés sur 7 à 10 ans. Le matériel (four, pétrin, chambre de pousse) peut être financé en crédit-bail sur 5 à 7 ans. Les banques spécialisées dans le financement de l’artisanat alimentaire peuvent accorder des différés de remboursement de 6 à 12 mois le temps que l’activité monte en charge.

Quelle est la durée avant d’atteindre le seuil de rentabilité dans une nouvelle boulangerie ?
Une boulangerie bien gérée atteint son seuil de rentabilité dès 11 500 euros de CA mensuel selon les estimations professionnelles du secteur. En pratique, le délai pour atteindre ce niveau de manière stable dépend de l’emplacement, de la fidélisation de la clientèle et de la qualité de l’offre. Pour une création ex nihilo dans un emplacement moyen, 6 à 12 mois est une fourchette réaliste.


Conclusion : un business plan de boulangerie solide commence par la maîtrise des ratios sectoriels

Depuis 2020, le nombre d’entreprises du secteur de la boulangerie a diminué de 12,9 % selon l’étude Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie / Banque de France. Ce recul ne traduit pas une désaffection pour le pain artisanal, mais une sélection naturelle entre les projets bien préparés et ceux qui ont découvert trop tard que les marges du secteur ne tolèrent pas les imprévus. Le business plan est l’outil qui permet de découvrir ces réalités avant l’ouverture, quand il est encore possible de les corriger.

Ce que vous devez retenir

En 2024, une boulangerie sur quatre a terminé l’année déficitaire, avec un résultat net se situant entre 3 et 4 euros pour 100 euros encaissés : dans ces conditions, chaque point de ratio mal calibré peut faire basculer un projet de la rentabilité à la perte. Les matières premières doivent représenter 25 à 30 % du CA dans le prévisionnel, avec des hypothèses de prix intégrant les hausses constatées depuis 2022 sur la farine, le beurre et le lait. La masse salariale doit être calculée en intégrant les majorations conventionnelles de la boulangerie-pâtisserie artisanale (nuit, dimanche, jours fériés), et non sur la base d’un salaire brut simple. Le loyer ne doit pas dépasser 10 % du CA HT prévisionnel : ce ratio est le premier que la banque vérifie et le plus difficile à corriger une fois le bail signé. L’apport personnel minimum attendu est de 20 % du budget total. La trésorerie de démarrage couvrant 3 à 4 mois de charges fixes doit figurer dans le plan de financement comme ligne distincte, pas comme résidu de l’apport personnel.

Votre business plan est-il vraiment prêt pour une banque ?

Votre prévisionnel de chiffre d’affaires est-il construit à partir du nombre de clients par jour observé sur le terrain et d’un ticket moyen justifié par le concept et la zone, et non à partir d’un objectif de revenu souhaité inversé en hypothèses ?

Votre taux de matières premières intègre-t-il les prix réels en vigueur en 2026 pour la farine, le beurre et les autres matières principales, et non des données antérieures aux hausses inflationnistes de 2022 à 2024 ?

Votre plan de financement intègre-t-il une trésorerie de démarrage distincte de l’investissement en équipements, suffisante pour couvrir au moins 3 mois de charges fixes pendant la montée en puissance de la clientèle ?

Notre cabinet accompagne les porteurs de projet en boulangerie dans la construction de leur business plan, la vérification des ratios sectoriels et la préparation de leurs dossiers bancaires. Contactez-nous pour un premier échange.

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