PER dirigeant SAS/SASU : plafond, déduction fiscale et arbitrage salaire, dividendes et épargne retraite
Ce que vous devez savoir avant de commencer
12,7 millions de Français détiennent un PER, pour un encours de 141,1 milliards d’euros au troisième trimestre 2025. Mais pour un président de SAS ou de SASU, le PER n’est pas un simple produit d’épargne : c’est un levier fiscal double qui agit simultanément sur la tranche marginale d’imposition et sur le revenu fiscal de référence, avec des implications directes sur l’exposition à la CEHR (Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus) et à la CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus).
Deux données structurent l’environnement fiscal 2026 pour tout président de SAS. Depuis le 1er janvier 2026, la LFSS a relevé la CSG sur les revenus du patrimoine de 1,4 point, portant le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 31,4 % sur les dividendes (12,8 % d’IR et 18,6 % de prélèvements sociaux). Chaque euro distribué en 2026 est désormais plus cher qu’en 2025. Et le PASS 2026 a été fixé à 48 060 euros par l’arrêté du 22 décembre 2025.
Ce guide vous donne les plafonds PER exacts en 2026 selon votre statut, la nouveauté de la LF 2026 sur le report des plafonds à 5 ans, les simulations chiffrées de l’économie fiscale selon la TMI, et la matrice d’arbitrage salaire/dividendes/PER pour optimiser votre revenu net global.
1. Le statut social du président de SAS/SASU : ce qui change tout
L’assimilé salarié : un régime protecteur mais coûteux
L’article L.311-3, 23° du Code de la Sécurité sociale rattache le président et le directeur général de SAS (ou SASU) au régime général de la Sécurité sociale, comme n’importe quel salarié. Cela signifie : cotisations URSSAF classiques, retraite de base versée par la CNAV, complémentaire AGIRC-ARRCO obligatoire. Le bulletin de paie ressemble à celui d’un cadre salarié, avec un coût total pour la SAS d’environ 182 euros pour chaque 100 euros de salaire brut (82 % de charges patronales et salariales combinées).
Cette caractéristique est fondamentale : le coût d’un salaire en SAS/SASU est structurellement plus élevé qu’en SARL avec gérant majoritaire (environ 45 % de cotisations TNS). Pour un même revenu net cible, le président de SASU dépense environ 34 000 euros de cotisations supplémentaires annuelles par rapport à un gérant TNS, selon les données sectorielles 2026.
En contrepartie, les avantages sont réels : meilleure couverture maladie, protection invalidité plus généreuse, retraite complémentaire AGIRC-ARRCO significativement plus favorable que le régime complémentaire SSI des TNS pour un niveau de cotisations équivalent.
Les seuils critiques à connaître en 2026
Pour valider 4 trimestres dans l’année, il faut cotiser sur un revenu annuel au moins égal à 150 fois le SMIC horaire brut. En 2026, avec le SMIC à 12,02 euros par heure, cela représente 7 212 euros brut annuel (1 803 euros par trimestre × 4). C’est le plancher absolu pour ne pas tomber dans le trou.
Une rémunération inférieure à 20 % du PASS, soit 9 612 euros en 2026, et des revenus du patrimoine supérieurs à 50 % du PASS, soit 24 030 euros, entraînent l’assujettissement à la cotisation PUMa (Protection Universelle Maladie). La taxe PUMa s’élève à 6,5 % des revenus du capital.
Ces deux seuils délimitent la zone de risque pour le président de SASU qui privilégie les dividendes : un salaire trop bas génère simultanément des années blanches pour la retraite et une taxe PUMa sur les dividendes perçus.
2. Les plafonds PER du président de SAS/SASU en 2026
Le plafond de droit commun : 38 448 euros pour l’assimilé salarié
Le plafond PER individuel 2026 est de 38 448 euros (10 % de 8 PASS 2025), applicable au président de SAS assimilé salarié. Ce plafond est calculé sur la base du PASS de l’année précédente (2025), fixé à 46 368 euros. Pour un président de SAS qui se verse 70 000 euros de salaire brut annuel, son plafond PER est le minimum entre 10 % de ce salaire (7 000 euros) et 38 448 euros (plafond maximum). Ici le plafond s’établit à 7 000 euros.
Le plafond effectif est donc le minimum entre 10 % du salaire brut annuel et 38 448 euros. Pour atteindre le plafond maximum, il faut un salaire brut d’au moins 384 480 euros annuels.
Le président de SAS peut compléter son PER individuel via un PERO (Plan d’Épargne Retraite d’Entreprise) catégoriel pour dépasser ce plafond. Dans ce cas, les versements de l’employeur (la SAS) sont déductibles du résultat imposable de la société et bénéficient d’une exonération de charges sociales sous conditions.
Le plafond majoré : 88 911 euros uniquement pour les TNS
Le plafond élargi à 88 911 euros est réservé aux dirigeants TNS (gérant majoritaire de SARL, associé unique d’EURL, indépendants). Le président de SAS assimilé salarié est limité à 38 448 euros en PERin.
Cette distinction est l’une des asymétries les plus importantes entre le statut assimilé salarié et le statut TNS. Un gérant majoritaire de SARL peut déduire jusqu’à 88 911 euros de versements PER de son revenu imposable, tandis qu’un président de SAS est plafonné à 38 448 euros. Sur un versement complémentaire de 50 000 euros en TMI à 41 %, l’écart de déduction représente 20 500 euros d’économie d’impôt annuelle inaccessible pour le président de SAS.
La nouveauté LF 2026 : le report des plafonds étendu à 5 ans
L’article 163 quatervicies I-2 du CGI permet de reporter les plafonds non utilisés des 3 années précédentes. La LF 2026 étend ce report à 5 ans pour les plafonds générés à compter de 2026. La règle d’imputation est la suivante : plafond de l’année en cours d’abord, puis reports du plus ancien au plus récent.
Concrètement, si vous avez accumulé 45 000 euros de plafonds non utilisés entre 2023 et 2025, et que votre plafond 2026 est de 15 000 euros, vous pouvez verser jusqu’à 60 000 euros en 2026 et tout déduire. Cette possibilité est particulièrement intéressante pour les présidents de SAS dont les revenus varient significativement d’une année à l’autre et qui n’ont pas versé sur leur PER les années précédentes.
La mutualisation des plafonds avec le conjoint
Le plafond PER peut être mutualisé avec celui du conjoint via la case 6QR de la déclaration de revenus. Au lieu de perdre le plafond du conjoint aux revenus plus faibles, il peut être transféré au dirigeant qui a une TMI plus élevée. Sur un couple dont l’un des conjoints dispose d’un plafond inutilisé de 20 500 euros, l’économie d’impôt à TMI 41 % est de 8 405 euros, contre 7 175 euros si le versement est fait séparément. Le gain de la mutualisation est de 1 230 euros par an, soit 18 450 euros sur 15 ans.
3. L’économie fiscale réelle selon la TMI : simulations chiffrées
La mécanique de la déduction
Les versements sur un PER individuel sont déductibles du revenu net global imposable de l’année de versement. Pour un président de SAS qui verse 10 000 euros sur son PER, l’économie d’impôt est de 10 000 euros × TMI. À TMI 41 %, l’économie est de 4 100 euros. Le coût réel du versement est donc de 10 000 − 4 100 = 5 900 euros. La contrepartie est une imposition à la sortie : le capital et les plus-values sont imposés à la TMI au moment du retrait (si sortie en rente) ou selon le barème de l’année de sortie pour le capital.
Le PER agit comme un levier double : chaque euro déduit baisse la TMI et réduit le revenu fiscal de référence, donc l’exposition à la CEHR et à la CDHR.
Le tableau des simulations par TMI en 2026
| Versement PER | TMI 30 % | TMI 41 % | TMI 45 % |
|---|---|---|---|
| 10 000 € | Économie 3 000 € / Coût net 7 000 € | Économie 4 100 € / Coût net 5 900 € | Économie 4 500 € / Coût net 5 500 € |
| 20 000 € | Économie 6 000 € / Coût net 14 000 € | Économie 8 200 € / Coût net 11 800 € | Économie 9 000 € / Coût net 11 000 € |
| 38 448 € (max) | Économie 11 534 € / Coût net 26 914 € | Économie 15 764 € / Coût net 22 684 € | Économie 17 302 € / Coût net 21 146 € |
Calculs sur la base des taux IR 2026. Hors réduction CEHR/CDHR éventuelle.
L’effet CDHR : le levier supplémentaire pour les hauts revenus
La CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus) impose un taux d’IR effectif minimum de 20 % aux revenus fiscaux de référence supérieurs à 250 000 euros (célibataire) ou 500 000 euros (couple). La formule est : CDHR = max[0 ; 20 % × RFR retraité − (IR + CEHR)].
Pour un président de SAS avec un RFR de 320 000 euros, chaque euro déduit du PER réduit le RFR et donc la base CDHR. Sur un versement de 38 448 euros en TMI 45 %, l’économie combinée IR + réduction CDHR peut dépasser 20 000 euros selon la situation précise du foyer fiscal.
4. L’arbitrage salaire/dividendes/PER : la matrice de décision
Les trois composantes de la rémunération optimale
La rémunération d’un président de SAS/SASU se structure autour de trois flux complémentaires : le salaire, qui construit les droits sociaux et ouvre le plafond PER ; les dividendes, soumis à la flat tax de 31,4 % sans cotisations sociales en SAS/SASU ; et le versement PER, qui réduit la base imposable et le RFR.
Pour un dirigeant en SASU, le pattern le plus robuste consiste à se verser un salaire brut au niveau du PASS 2026 (48 060 euros), ce qui garantit 4 trimestres de retraite validés, évite la taxe PUMa, et ouvre un plafond PER déductible. Le solde du résultat est ensuite distribué en dividendes au PFU 31,4 %.
La matrice d’arbitrage par TMI
La règle de décision selon la TMI est la suivante : TMI 11 % ou moins, privilégier les dividendes car le PFU est avantageux. TMI 30 %, arbitrage neutre à légèrement favorable au PER sur la durée. TMI 41 % et au-delà, le PER devient le levier prioritaire avant toute distribution supplémentaire.
Le raisonnement derrière cette règle est simple. À TMI 11 %, les dividendes taxés à 31,4 % coûtent plus que l’IR au barème : le PFU n’est pas optimal et le PER génère une économie limitée à 11 %. À TMI 41 %, chaque euro versé sur le PER économise 41 centimes d’IR aujourd’hui, avec une imposition à la sortie qui sera probablement inférieure si la retraite ramène à une TMI plus basse.
Simulation : président de SASU, salaire 72 000 euros brut, TMI 30 %
Sans PER : salaire brut 72 000 euros, coût employeur approximatif 130 000 euros. Revenu imposable (après abattement 10 %) environ 64 800 euros. IR estimé (couple, 2 enfants) : environ 12 000 euros. Dividendes supplémentaires : PFU 31,4 %.
Avec PER 10 000 euros : économie d’impôt 3 000 euros en TMI 30 %. Coût net du versement PER : 7 000 euros. Capital accumulé sur 20 ans (hypothèse 5 % annuels) : environ 33 000 euros. Retraite annuelle générée : environ 1 600 euros (si sortie rente) ou capital de 33 000 euros imposable à la TMI de retraite.
La règle des seuils pour ne rien perdre
Un dirigeant qui anticipe la perte de son mandat peut compléter sa couverture par des contrats de prévoyance dédiés. Un dirigeant qui se rémunère exclusivement en dividendes ne valide aucun trimestre de retraite, ne bénéficie d’aucune couverture maladie au titre de son activité et ne dispose d’aucune prévoyance.
Quatre seuils minimaux à respecter simultanément en 2026 : 7 212 euros de salaire brut minimum pour valider 4 trimestres de retraite de base ; 9 612 euros de salaire brut minimum pour éviter la taxe PUMa ; 15 000 à 25 000 euros recommandés pour cotiser dignement à l’AGIRC-ARRCO tranche 1 ; et un versement PER annuel même symbolique pour ne pas laisser les plafonds s’accumuler sans utilisation.
5. La suppression de la déductibilité du PER après 70 ans : la nouveauté LF 2026
Ce qui change pour les dirigeants proches de la retraite
La LF 2026 (loi 2026-103 du 19 février 2026, article 9) a supprimé la déductibilité des versements PER après 70 ans. Avant cette réforme, il était possible de continuer à alimenter un PER et à déduire les versements jusqu’au moment du retrait, sans limite d’âge. Désormais, les versements effectués après le 70e anniversaire ne sont plus déductibles du revenu imposable.
Cette modification a une conséquence pratique immédiate pour les dirigeants de 60 à 69 ans : la fenêtre d’optimisation se referme. Il convient d’accélérer les versements avant 70 ans pour maximiser l’avantage fiscal, en mobilisant les plafonds reportés des années précédentes (désormais sur 5 ans pour les plafonds générés à compter de 2026).
Les cas de déblocage anticipé
Le déblocage anticipé est possible dans 6 cas : acquisition de la résidence principale et 5 accidents de la vie (invalidité de 2e ou 3e catégorie, décès du conjoint ou du partenaire de PACS, expiration des droits à l’assurance chômage, surendettement, cessation d’activité non salariée suite à liquidation judiciaire).
Pour un président de SAS qui cède son entreprise et perd son statut de dirigeant, la cessation d’activité ne constitue pas un cas de déblocage anticipé si elle n’est pas liée à une liquidation judiciaire. Le PER reste bloqué jusqu’à la retraite ou l’un des 5 accidents de vie.
6. Le PERO catégoriel : comment dépasser le plafond de 38 448 euros
Le mécanisme du PERO pour les présidents de SAS
Le Plan d’Épargne Retraite d’Entreprise Obligatoire (PERO), dit plan catégoriel ou article 83, permet à la SAS de verser des cotisations retraite supplémentaires pour son dirigeant. Ces versements sont déductibles du résultat imposable de la société et exonérés de charges sociales dans la limite de 8 % de la rémunération brute annuelle (plafonnée à 8 PASS, soit 3 084 euros en 2026 pour un salaire de 38 552 euros).
En combinant un PER individuel alimenté à 38 448 euros et un PERO catégoriel alimenté par la SAS, le président de SAS peut dépasser significativement le plafond de 38 448 euros et se rapprocher, dans les meilleures configurations, du plafond TNS de 88 911 euros.
L’abondement de la SAS : une charge déductible
Les versements de la SAS au PERO constituent une charge déductible du résultat imposable de la société à l’IS. Cette déductibilité génère une économie d’IS de 15 % (taux réduit jusqu’à 42 500 euros) ou 25 % (taux normal) selon le niveau de bénéfices. Sur un abondement de 10 000 euros, l’économie d’IS est de 1 500 à 2 500 euros selon le taux applicable. Le coût net pour la SAS d’un versement de 10 000 euros sur le PERO du dirigeant est donc de 7 500 à 8 500 euros.
Les erreurs les plus fréquentes sur le PER du dirigeant SAS/SASU
Laisser les plafonds s’accumuler sans les utiliser. Les plafonds non utilisés sont reportables sur 5 ans (pour ceux générés à compter de 2026). Au-delà, ils sont perdus définitivement. Un président de SAS en TMI 41 % qui n’a pas versé sur son PER depuis 3 ans dispose potentiellement de 115 000 euros de plafonds cumulés. En versant 38 448 euros maintenant, il économise 15 764 euros d’IR immédiatement.
Surestimer l’avantage du PER sans simuler la TMI de sortie. Le PER crée un différé d’imposition, pas une exonération définitive. Si la TMI à la retraite est identique à la TMI pendant l’activité, l’avantage est limité à l’effet de capitalisation sur la période de blocage. Si la TMI de sortie est supérieure, le PER peut se révéler fiscalement défavorable. La simulation TMI entrée versus TMI sortie est indispensable avant tout versement significatif.
Ne pas vérifier le PASS de l’année de référence. Le plafond PER 2026 est calculé sur le PASS 2025 (46 368 euros) et non sur le PASS 2026 (48 060 euros). Cette distinction génère un plafond de 38 448 euros (10 % × 8 × 46 368) et non de 38 448 euros calculé sur le PASS 2026. Les plafonds figurent sur l’avis d’imposition de l’année N-1.
Oublier l’impact sur les prélèvements sociaux à la sortie. La LFSS 2026 a porté les prélèvements sociaux sur les retraits PER à 18,6 %, contre 17,2 % maintenu sur l’assurance-vie. Ce différentiel de 1,4 % modifie légèrement l’arbitrage PER versus assurance-vie pour les versements après 2026, notamment pour les dirigeants dont la sortie est proche.
FAQ
Un président de SAS peut-il bénéficier du plafond TNS de 88 911 euros ?
Non directement. Le plafond de 88 911 euros est réservé aux TNS (gérant majoritaire SARL, associé unique EURL, indépendants). Le président de SAS assimilé salarié est limité à 38 448 euros en PER individuel, mais peut compléter via un PERO catégoriel alimenté par la SAS pour dépasser ce plafond.
Les dividendes génèrent-ils des droits au PER ?
Non. En SASU, les dividendes ne génèrent ni trimestres de retraite, ni points AGIRC-ARRCO, ni plafond PER. Seul le salaire ouvre le plafond PER. L’arbitrage tout dividendes est un confort fiscal immédiat qui coûte cher à l’horizon retraite.
Peut-on débloquer le PER lors de la cession de sa SAS ?
La cession de la SAS ne constitue pas en soi un cas de déblocage anticipé du PER. Le déblocage n’est possible que si la cession s’accompagne d’une cessation d’activité non salariée dans le cadre d’une liquidation judiciaire. Dans tous les autres cas, le PER reste bloqué jusqu’à la retraite ou l’un des 5 accidents de vie prévus par la loi.
Comment optimiser l’arbitrage PER/dividendes si le résultat de la SAS est variable ?
La variabilité du résultat est précisément la raison pour laquelle le report de plafonds sur 5 ans (pour les plafonds générés à compter de 2026) est précieux. Les années de résultat élevé et de TMI haute constituent les fenêtres optimales pour maximiser les versements, en mobilisant les plafonds cumulés des années creuses. Un suivi annuel des plafonds disponibles (indiqués sur l’avis d’imposition) est la base de toute stratégie PER efficace.
Conclusion : le PER du président de SAS/SASU est un levier fiscal à activer méthodiquement, pas un produit à souscrire par défaut
Le PER n’est pas universellement optimal pour le président de SAS. À TMI 30 % ou moins, d’autres enveloppes (assurance-vie, PEA) peuvent être plus adaptées selon l’horizon et les objectifs de liquidité. À TMI 41 % ou 45 %, le PER devient le premier levier de déduction à maximiser chaque année, en combinant plafonds reportés, mutualisation conjugale et abondement de la SAS via un PERO catégoriel. La nouveauté LF 2026 sur la suppression de la déductibilité après 70 ans impose une accélération des versements pour les dirigeants dans la décennie précédant leur retraite.
Ce que vous devez retenir
Le PASS 2026 est fixé à 48 060 euros, servant de référence à l’ensemble des plafonds sociaux et fiscaux du dirigeant. Le plafond PER individuel du président de SAS assimilé salarié est de 38 448 euros en 2026 (10 % de 8 PASS 2025), contre 88 911 euros pour les TNS. La LF 2026 étend le report des plafonds non utilisés à 5 ans pour les plafonds générés à compter de 2026 : les plafonds accumulés depuis 2022 restent reportables sur 3 ans. La LF 2026 supprime la déductibilité des versements PER après 70 ans : la fenêtre d’optimisation se referme, imposant d’accélérer les versements entre 60 et 69 ans. La LFSS 2026 a porté les prélèvements sociaux sur les retraits PER à 18,6 %, modifiant légèrement l’arbitrage PER versus assurance-vie. La règle d’arbitrage par TMI est simple : TMI inférieure à 30 %, privilégier les dividendes et l’assurance-vie ; TMI à 41 % ou 45 %, maximiser le PER avant toute distribution supplémentaire. Le salaire pivot recommandé pour un président de SASU est de 15 000 à 25 000 euros brut minimum, pour cotiser dignement à l’AGIRC-ARRCO tranche 1 et éviter les années blanches de retraite, avec un seuil absolu de 7 212 euros brut pour valider 4 trimestres.
Votre stratégie PER est-elle optimisée pour 2026 ?
Avez-vous vérifié sur votre dernier avis d’imposition le montant exact de vos plafonds PER non utilisés sur les trois années précédentes (report sur 5 ans applicable uniquement pour les plafonds générés à compter de 2026), et calculé le versement optimal à effectuer avant le 31 décembre 2026 pour maximiser votre économie d’impôt à votre TMI réelle ?
Avez-vous simulé votre TMI à la sortie du PER (en tenant compte de vos revenus prévisionnels à la retraite, incluant la rente de base CNAV et la complémentaire AGIRC-ARRCO générée par vos cotisations salariales) pour vérifier que le différentiel TMI entrée/sortie justifie bien l’arbitrage en faveur du PER plutôt qu’une distribution en dividendes au PFU 31,4 % ?
Si vous avez plus de 60 ans, avez-vous planifié une stratégie d’accélération des versements PER avant vos 70 ans pour profiter de la déductibilité avant la suppression introduite par la LF 2026, en mobilisant les plafonds reportés et en évaluant la pertinence d’un PERO catégoriel alimenté par votre SAS pour dépasser le plafond individuel de 38 448 euros ?
Notre cabinet accompagne les présidents de SAS et SASU dans la structuration de leur stratégie de rémunération, l’optimisation de leur PER et l’arbitrage salaire/dividendes/épargne retraite. Contactez-nous pour un premier échange.




